Analyser la Psychogénéalogie de ses ancêtres

Pourquoi pas analyser la psychogénéalogie de ses ancêtres afin de percer à jour ce qui nous est malheureusement inconnu : leur personnalité ? 

Si je prends le dernier épisode des recherches de mes ancêtres : Episode 5, Isidore – La Fratrie – Fin

isidore bazin

 

Nous pouvons remarquer qu’il y a matière à analyser à travers divers concepts de psychogénéalogie.

 

1. L’importance du rang dans la fratrie

Si nous prenons les neveux d’Isidore, c’est assez caractéristiques de l’influence du rang dans la fratrie. C’est d’ailleurs pourquoi j’ai réalisé le schéma suivant avec les regroupements qui s’imposaient en psychogénéalogie et qui m’ont surtout sauté aux yeux.

Nous allons baser notre analyse dessus.

Regardez bien les dates de naissance car la disposition de la fratrie est établie de manière à ce que vous compreniez mieux l’analyse et les regroupements faits

 

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2. Schéma répétitif de l’aîné

Nous pouvons voir clairement que le premier et le dernier des frères étaient tous les deux prêtres. Mieux que cela : ils étaient prêtres-infirmiers pendant la première guerre mondiale (une information que vous n’avez pas sur le schéma mais que je précise dans l’enquête de l’épisode 5).

Il s’agit, en fait, là d’un premier schéma répétitif classique : le père avait pris sous son aile son petit frère, le petit dernier (Auguste) pour lui apprendre son métier. Ici aussi, le dernier fait le même métier que l’aîné. Et sûrement c’est parce que l’aîné l’a pris son sous aile lui-aussi.

Si vous êtes intéressé par les schémas répétitifs, vous avez l’article suivant : Quand les schémas familiaux se répètent

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Normal, souvent l’aîné fait ce qu’on attend  lui et pour cela, il se base naturellement sur ce que ses parents ont fait avant lui et qui a pour réputation d’avoir été de « bonnes choses ».

 

3. L’enfant du même rang que le père

En parlant du père, celui-ci est deuxième dans sa fratrie donc il va naturellement bien s’entendre avec l’enfant du même rang que lui. Qui est l’enfant qui ne fonde pas de famille et qui reste auprès de ses parents ? La deuxième : Augustine.

Augustine qui porte le nom féminin de l’oncle qu’on a recueilli dans la famille pour lui apprendre le métier. Le plus jeune des frères du père qui a dû être chouchouté comme souvent les derniers. Augustine est donc un choix de coeur pour le père. Le prénom du précédent, Jean, étant plutôt un choix traditionnel.

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4. L’enfant écarté

Et puis arrive le troisième à qui on donne le nom d’Isidore. C’est le prénom de son oncle. Le prénom de notre fameux Isidore qui est au coeur de notre enquête.

Le père, Jean, a sans doute appelé son deuxième fils comme son frère par culpabilité de ne pas avoir été aussi proche de lui qu’il ne l’avait été avec son dernier frère Auguste.

Pourquoi j’en arrive à cette conclusion si vite ? Parce qu’en fait, beaucoup d’éléments vous nous montrer qu’Isidore se sentait très certainement écarté de sa famille et qu’il ne devait pas beaucoup tissé de liens avec. En effet, comme nous pouvons le voir dans le schéma, il y a des « groupes » qui ont l’air de s’être formé naturellement. Lui n’en fait partie d’aucun.

 

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Ensuite, il y a le prénom qui a certainement été donné par culpabilité et non par réel envie, ce qui en fait un enfant « sacrifice » et qui en plus renvoie l’image à son père du frère qu’on a laissé de côté, pour qui le destin a voulu qu’on le laissât de côté. Donc Isidore aussi est laissé de côté.

De plus il ne fait pas le même métier que son père par désir inconscient de rester à l’écart (et pour d’autres raisons sûrement car rappelons ici que la psychogénéalogie est toujours une partie de la réponse) : Isidore est marbrier.

D’ailleurs, il est le seul à partir s’installer à Laval tandis qu’Augustine va rejoindre après la mort des parents, Albert, le quatrième enfant, qui s’est installé dans un vilage d’Ille-et-Vilaine.

 

5. Les derniers qui se « rattachent » à l’existant

Albert donc, le quatrième. Il vient se rattacher au même groupe de fratrie qu’Augustine. Albert recueille sa soeur après le décès de leurs parents chez qui elle habitait. Leur deux prénoms commencent par un A, là non plus ce n’est pas un hasard.

Et d’ailleurs, si nous reprenons d’ailleurs les deux frères prêtres : leurs deux prénoms commencent eux-aussi par la même lettre, ici le J.

Isidore, lui, est le seul dont le prénom ne commence par la même lettre qu’un autre.

S’il y avait lieu un sixième enfant, l’équilibre de la fratrie aurait été tout autre. Ce sixième se serait soit rattaché à Isidore qui n’aurait donc plus été l’enfant écarté, soit il se serait rattaché à un groupe déjà existant, déséquilibrant par là le rapport de force entre les 2 principaux groupes de fratrie.

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6. Le dernier : souvenir d’un deuil douloureux ?

Nous en venons donc à Joseph. Oui, Joseph le pendant masculin de Joséphine. Joséphine, la soeur perdue trop tôt de Jean le père. Là aussi, Joseph est le moyen inconscient de ressusciter une soeur dont le décès a traumatisé le père. Pour quelle raison particulièrement ? Difficile de le savoir à ce stade, il faut bien le reconnaître. En tout cas, il n’y a pas de hasard. Joseph est donc celui qui soigne, celui qui ressuscite et il devient prêtre-infirmier. Là non plus pas de hasard.

 

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7. La fille d’Isidore et les enfants d’Albert

Ensuite, si nous nous attardons sur les enfants d’Isidore et d’Albert, le cas est aussi très intéressant. D’abord Isidore appelle sa fille, Marie. Ok rien à voir avec une référence familiale. Ensuite Albert appelle sa première fille Anna (prénom de sa femme) mais surtout il appelle sa deuxième fille Augustine, comme sa soeur bien aimée. Et le dernier il l’appelle Joseph, comme son dernier frère qu’il devait aimé également : ici schéma répétitif du père qui a « rendu hommage » à son petit frère.

 

8. Poussons l’analyse au-delà de cette fratrie

Si leur personnalité ne nous ait pas complètement dévoilé, nous arrivons à comprendre au moins comment les relations interfamiliales s’imbriquaient dans la fratrie et même plus largement dans la famille.

 

fratrie analyse la psychogénéalogie de ses ancêtres

 

Nous pouvons même pousser l’analyse plus loin. Isidore était sans doute le miroir de son oncle paternel car, par son prénom, c’est sûrement ce qu’on devait lui dire et cette croyance s’est ensuite ancrée en lui jusqu’à qu’il en fait sienne.

Par conséquent et par ricochet j’ai envie de dire, notre Isidore qui est le 2 héros de notre série (mon ancêtre direct) était sûrement à l’écart de ses frères et soeurs et de sa famille en général. Et ce qui me le fait penser en plus c’est que mon arrière-grand-père ne nous a jamais parlé de ses cousins issus de germain : depuis longtemps déjà, depuis Isidore en fait, la famille d’Isidore était écarté du reste de la famille.

 

9. Mon arrière-arrière-grand-père

Et Isidore appellera son premier fils Joseph et seulement son second fils Isidore (le fameux père blanc).

Joseph, ça ne vous dit rien? Le masculin de Joséphine. Pour Isidore aussi, cette mort d’une soeur à peine née a dû être un traumatisme.

Joseph est mon arrière-arrière-grand-père. Il s’est marié avec mon AA-grand-mère qui répond au doux nom de Marie-Joséphine. Après je sais bien que Joséphine était sans doute un peu à la mode quoique dépassé depuis que les Bonaparte n’étaient plus au pouvoir.

 

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Mais bon, allez jusqu’à se marier avec une Marie-Joséphine.

Pourquoi? Pour retrouver Joséphine ? Oui, ne négligeons pas l’influence des prénoms et des traumatismes. Certes il s’agit d’une réponse partielle évidemment : encore une fois n’essayons pas de tout expliquer par la psychogénéalogie mais ici pas de hasard et ne nous voilons pas la face.

 

10. Mon arrière-grand-père

Surtout quand on appelle son fils René, mon arrière-grand-père. Pourquoi là aussi ? Après avoir ressuscité Joséphine, à son tour de renaître et de ne plus être l’enfant qui fait penser à une enfant morte. Joseph renaît donc avec son fils René. D’où l’empressement d’appeler son premier fils René et non comme lui (Joseph) comme cela se fait traditionnellement. Et surtout quand il vient de perdre une petit fille avant René. Là non plus ce n’est pas un hasard : le prénom de René devait s’imposer tout naturellement dans son inconscient.

René était mon arrière-grand-père. Il était gendarme, souvent muté loin, très loin de son « pays » natal. Son frère Isidore était père blanc : il est parti jusqu’en Ouganda. Pourquoi partir si loin ? Partir d’un « pays » qui n’était pas le sien? Car écarté de la famille sans doute ou supportant le poids de cette mise à l’écart. Mais n’y aurait-il pas un secret de famille qui pourrait expliqué un peu plus tout cela ? Sans doute mais le devinerais-je un jour? Rien n’est moins sûr…

 

Si cette analyse vous a intéressé, dites-le moi dans les commentaires 😉

 

2 commentaires

    • Stanislas Auteur de l’articleRépondre

      Bonjour,
      Je vous remercie pour le compliment 🙂
      Pour adapter une analyse psychogénéalogique complète à notre cas, il faut construire un génosociogramme puis se faire accompagner et aider par un spécialiste.
      Je vous souhaite une excellente journée.

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