Au coeur de la boucherie [A Bordeaux! Ep. Supp.]


 

Le Grand Marché devenu le Vieux Marché

 

A Bordeaux, depuis le Moyen-Age (XIIe siècle) jusqu’au milieu du XIXe siècle, c’était au Grand Marché que l’on abattait les bêtes destinées à la boucherie. Ici se situaient tous les bouchers, tueurs de porcs, saleurs de porc, chaircutiers et fondeurs de suif.

Le Grand Marché était situé exactement entre la rue des Herbes et la rue des Ayres. La rue du Vieux Marché l’atteste. La Place Fernand Lafargue actuel est donc une partie de ce Grand Marché.

C’était dans la rue du Mû, disparu avec le percement du cours Alsace-Lorraine, que se trouvaient les principaux ateliers d’abattage.

 

 

Dans la délibération du conseil municipal de Bordeaux du 23 févier 1828, nous pouvons lire ceci :

« Ces [ateliers] ne sont autres que quelques hangars et le rez-de-chaussée des diverses maisons dont les étages supérieurs sont habités. »

« L’odeur la plus infecte règne constamment dans la totalité de cette rue, et ne peut être supportée que par les personnes qu’un long usage y a habituées. »

« Les hangars dont on vient de parler ont une largeur de trois à quatre mètres. Ils sont adossés à des maisons d’habitations fort anciennes qui servent, ainsi que ces hangars, au logement des bestiaux, à leur abattage, à la fonte des suifs, au salage des peaux, enfin à toutes les opérations et manipulations nécessaires. »

 

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L’eau du ruisseau du Peugue coule aujourd’hui sous le cours Alsace-Lorraine. Mais à l’époque il était à ciel ouvert aux abords du Grand Marché, le long de la rue du Mû justement.

Le Peugue servait à toutes les manipulations et aux lavages : « avant d’arriver [au Grand Marché], (…), [les] blanchisseuses en empreignent les eaux des miasmes et saletés résultant des linges dont le blanchissage leur est confié. A ces blanchisseuses succèdent immédiatement une multitude de teinturiers, de mégissiers, de corroyeurs, de parcheminiers et autres artisans du même genre, logés dans des maisons qui bordent le ruisseau du Peugue, et qui en infectent les eaux par les travaux de leurs professions. Ce ruisseau reçoit, non seulement une grande quantité d’égouts, mais en outre le produit des latrines de toutes les maisons construites sur les deux rives. Enfin, il recevra bientôt, par un canal de chasse, toutes les immondices et tous les produits de l’hôpital situé en face du Fort du Hâ et dont la construction est presqu’achevée.
C’est dans cet état d’infection que les eaux du Peugue arrivent aux rues du Mû »

 

C’est dans ce quartier que vécu Jean MASSON, arrivé à Bordeaux de La Réole et dont sa fille nous raconte le récit ici >> Mon nom est Jeanne MASSON.

 

Pour aller plus loin : un podcast ici de Michel Cardoze sur France Bleu

 

 

Le marché des Capucins

 

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Source ici. Photo prise au début du XXe siècle

 

Au vu des conditions dans lesquelles se trouvaient le Grand Marché à l’époque, la Municipalité décida de donner plus d’importance à un marché qui existait déjà depuis plus de 50 ans : le marché de Capucins.

C’est pourquoi, dès 1797, sur la Place des Capucins le marché, l’on vend du bétail une fois par semaine, et progressivement quotidiennement. Jusqu’en 1857 le quartier devient de plus en plus alimentaire.

C’est en 1863 que la ville de Bordeaux lance le projet de halles couvrantes. Mais ce n’est qu’après l’Exposition universelle de Paris en 1878 que la ville achète des « restes » de structures métalliques qui serviront à la construction de deux pavillons de chaque coté de la place. En 1881 ils seront réunis par une grande galerie en fer et verre, qui verra les omnibus à chevaux passer entre ses deux halles.

C’est le symbole du grand marché de Bordeaux. Avec cette construction, qui doit beaucoup à Baltard, débute l’histoire de la Halle des Capucins, d’un marché débordant d’activités jusque dans les rues et quartiers des alentours.

 

 

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