Une carte, un ancêtre, des voisins. [Saga « LEPART ». Episode 1]


Suite à des recherches poussées sur un ancêtre, sa famille et ses voisins en 1760 :

J’ai établi une carte sur laquelle j’ai reconstitué les événements de tout ce petit monde, à partir des registres paroissiaux. Ce qui donne ceci :

 

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C’est peut-être assez brouillon mais il faut dire que je ne m’attendais pas à des trouvailles aussi fournies et à des surprises dignes des switchs des plus grands films hollywoodiens ( non, là j’exagère un peu 😀 mais bon quand même… )

 

Laissez-moi donc vous présenter les lieux puis les habitants de ces lieux…

Si vous le pouvez, prenez le temps de vous imprégner de l’environnement par les diverses descriptions que je peux en faire.

Allez, Voici l’histoire…

 

 

Dans le Perche, lovée au fond de L’Orne, existe une forêt. La forêt de Bellême. Autour de cette forêt, existent une multitude de villages et de hameaux dont les habitants vivent de la forêt. Bûcherons, sabotiers, charrons, cuiseurs de charbons et tant d’autres s’activent dans les bourgs et dans la forêt même pour faire vivre leur famille du fruit de leur travail. Une de ces villes, si l’on peut la nommer ainsi franchement,  est Appenay-sous-Bellême. Sur son territoire existent des lieux-dits plus proches de la Chapelle-Souëf, le village d’à côté, que du bourg d’Appenay.

 

C’est dans un de ces lieux-dits que commence notre histoire.

 

La Guimondière est un endroit surélevé de quinze à vingt mètres d’altitude, sorte de promontoire local duquel la famille Colombeau pouvait en temps clair apercevoir le clocher de Bellême, à deux trois villages au Nord.

 

La Guimondière veut dire « colline du Gué »1 car non loin de là, au bout d’une impasse qui ferme l’endroit existe un passage qui mène à la Coudre, petite rivière locale. Ce passage se nomme le Pérouzet, en souvenir des anciens gués empierrés (Pierres s’étant déformées en « Pér » et « au guet » étant devenu « ouzet »).

 

Le coin est donc charmant mais le tableau ne serait pas complet sans la description de la vie des hommes qui l’ont animé.

 

Nous sommes en 1760 et à la Guimondière est installé à l’époque François Colombeau et sa femme Marguerite Leprince. Ils labourent les champs alentours et notamment ceux qui jouxtent à l’Est la Hamelinière, champs qui appartiennent et qui sont exploités par des voisins dont nous parlerons plus tard, soyez en sûrs. Car nous allons vous présenter avec détails et soin ce petit microcosme présent là autour de l’année 1760.

 

 

Marguerite Leprince est beaucoup plus jeune que son mari parce qu’il a déjà été marié auparavant. Sa première épouse, Jeanne Guittier, est décédée il y a quelques années à la suite d’un accouchement difficile.  Et c’était la sœur de François Guittier, le sacristain de l’Eglise Saint Germain.

François Guittier qui, lui-même, s’était marié avec la sœur de François Colombeau.

Un lien très fort unissait donc les deux hommes.

Malgré tout, il arrivait encore très souvent en 1760 à François Colombeau d’aller au bourg visiter sa sœur et son beau-frère. C’est à une demi-heure de marche. Pour y aller, vous passez par la Hamelinière vers le Nord et dites bonjour à la famille Leparc souvent occupée aux champs. La route continue entre les plants de céréales qui forment une haie d’honneur pour tous ceux qui rejoignent le bourg. L’été, cette route est encore plus agréable car la chaleur étouffante de la masse des céréales mûrs précède la fraicheur de la Coudre sur laquelle vous êtes obligés de passer par un petit gué de pierres, estimable survivant du Pérouzet. A cet endroit, on salue Julien Leparc, le neveu de François Leparc qu’on a aperçu un peu avant, occupé dans son champ avec sa femme et ses enfants. J’allais oublier la dame Lelarge qui habite entre l’oncle et le neveu Leparc, vieille dame de quatre-vingts ans qui ne sort plus de chez elle. Surtout l’été, la fraicheur est préférable aux cœurs qui ont tant endurés.

 

La route continue ensuite à travers les chênes d’une forêt qui fut l’appendice de la forêt de Bellême mais qui n’est même plus en 1760 son orée.

 

Sauf qu’en janvier 1760, c’est l’hiver. La Coudre glacée vous perce la poitrine d’un froid qui provient de l’air qu’elle charrie et du bruit de ses vaguelettes. Les champs des Lepart ne sont que terre sèche. Tout est triste, terriblement triste, atrocement triste. François Colombeau, ce jour-là, doit aller au bourg. Ces trente minutes de marche sont dures, très dures.

 

Nous sommes le 8 janvier 1760 et François Colombeau doit annoncer les décès de 2 de ces enfants survenus la veille et le jour-même. D’abord, son fils Jean qui avait quatre ans et ensuite sa fille Jeanne qui n’avait que trois ans. L’hiver les a emportés d’une maladie des bronches que le froid et le vent n’ont pas épargnées.

 

Pour se réconforter il tente de ramener ses pensées à sa fille Marguerite qui vient de naître et pour qui il espère un sort meilleur. Marguerite comme sa femme, Marguerite Leprince.

 

Les Prince ou Leprince viennent de la Chapelle-Souëf et c’est en empruntant la route qui y mène, à l’Est, que vous tomberiez tout de suite sur le Bois de la Lèvre. Dans ce petit bois qui abrite une grande marre, bien utile, habite François Leprince, le beau-père de François Colombeau donc. Il a une soixante d’année et il est veuf depuis près de vingt ans maintenant.

Sa femme Françoise Lesueur était la sœur de Jeanne, épouse de François Lepart à qui vous aviez dit bonjour à la Hamelinière, souvenez-vous.

Ce petit monde s’est créé des liens de sang forts qui les rapprochent et qui ne peuvent les rendre que plus solidaires entre eux.

 

 

Si j’ai été amené à vous évoquer l’existence de ce village dans le village, c’est pour une raison. Mon six fois arrière-grand-père dont je suis par conséquent le descendant à la huitième génération s’appelle François Leparc. Mais ce n’est pas le François Leparc dont je vous ai parlé dans cette histoire. Moi-même j’y ai cru pendant mes recherches. D’autant plus que mon François Leparc est marié à une Magdeleine Leprince en 1756 à Appenai-sous-Bellême. Toutes ces personnes, y compris mes ancêtres, sont liées, c’est sûr. Mais de quelle manière ? C’est ce que je vais tenter de découvrir. Quelques recherches supplémentaires me permettront de vous écrire la suite de cette histoire et d’éclaircir les liens de famille.

 


1 Toutes les significations étymologiques de cet article proviennent des « Mémoires de la Société d’archéologie d’Avranches et de Mortain – Tome XII – Années 1894/1895 »


 

 

FIN

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