32QC – Episode 4. Isidore. La quête des cousins, de 1835 à 2006.

Ces recherches généalogiques sont incroyables.

Dans le dernier épisode, nous avons découvert des personnages fascinants et des lieux remplis d’histoire.

Pour ceux qui voudraient s’en remémorer l’épopée c’est ici : 32QC – Episode 3. Isidore Bazin, l’enquête incroyable

Cependant, le Projet 32QC, c’est avant tout initier une enquête pour découvrir de potentiels cousins !

 

Nous étions donc parti d’Isidore (un de mes 32 ancêtres de la 5e génération) et nous savons qu’il a une grande soeur Anne.

Ahaaaaaaaaaah, intéressant

 

Quel est sa descendance et est-ce que j’ai des cousins que je pourrais rencontrer de ce côté-là ?

Enquêtons

 

Retracez avec moi son histoire

 

Anne-Marie BASSIN
N° Sosa :
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Père :
Mère :

 

Lorsque Anne atteint l’âge de 6 ans, elle avait déjà la chance d’avoir deux frères, Jean et le fameux Isidore.

Mais un évènement va modifier le destin de la famille.

La maman attend le quatrième. Heureuse nouvelle : c’est une fille. Comment s’appelle-t-elle ? Qui sera-t-elle ? Pourquoi va-t-elle avoir un impact sur la vie prochaine de la famille ?

 

L’enfant naît à Saint M’Hervé, le petit village de la Bretagne orientale.

Elle s’appelle Joséphine et elle devait sûrement être très attachante, très mignonne.

L’accouchement se passe non sans mal mais ce n’est pas inhabituel et l’enfant se porte bien.

Joséphine meurt quelques mois après sa naissance d’une maladie dont on ignore tout. Cet événement va être dévastateur pour la famille et en particulier pour la mère.

Ne supportant plus de vivre là où la petite Joséphine disparut, la famille déménagea à Vitré, la sous-préfecture du coin. Ils y vont pour se reconstruire et parce qu’une place peut se trouver pour un charron tel que le père. Alors, ils y vont, ils emménagent à Vitré, dans le centre-ville.

 

Deux ans de deuil quand même, dont on pourra entrevoir la souffrance dans cette description : comment affronter la mort de son enfant ?

Mais à Vitré, c’est une nouvelle vie qui s’ouvre quand même pour toute la famille. Avec des perspectives inédites. Le temps passe quelque peu et puis l’envie d’agrandir de nouveau la famille germe dans l’esprit de la maman.

Naissent alors Ollive et François. Les deux enfants d’ « après »

Ah et pour info, Ollive est une fille.

Car on dit UNE olive !

 

olive.jpg

Oula, pardon.

Et il reste le petit dernier, Auguste, arrivé tardivement dans la famille. Anne avait déjà 19 ans.

Voici donc le tableau de la fratrie :

fratrie bazin

Mais, mais. Ce n’est pas fini bien sûr.

3 ans après la naissance d’Auguste, Anne se marie avec un plâtrier de Vitré.

Qu’est-ce donc exactement que ce métier ?

Plâtrier plafonnier peintre
Plâtrier au travail. John Cranch (1751 – 1821).

 

Etre plâtrier demande d’acquérir une vraie technique, qui ne s’invente pas. Mais c’est un peu tous les métiers anciens comme ça. Et c’est pourquoi plâtrier fait partie des métiers qui se transmettent de père en fils.

 

« en raison des propriétés du plâtre, il s’agit d’un métier qui requiert une bonne connaissance et une bonne technique »

Source Wikipédia

 

Si un plâtrier est très bon, il peut également être plafonnier. C’est-à-dire qu’il peut s’occuper des plafonds en plus des murs.

Un plâtrier peut être aussi peintre. C’est-à-dire qu’il s’occupe de tout, de A à Z.

Chacun a ses compétences. Chacun a ses spécialités.

Bref, un métier complet. Qui existe toujours.

 

Le nom de ce plaîtrier dont on parlait, c’est Louis Laisy.

Anne et Louis se marie à 22 ans et puis ensuite…

 

Et puis ensuite, tout a l’air d’aller très vite. Après leur mariage, je découvre qu’ils ont rapidement un enfant.

Trop rapidement d’ailleurs. Car 5 mois seulement après le mariage, c’est déjà la naissance du premier enfant.

faits drôles lors des recherches généalogiques

Nous devinons assez bien ce qui a dû se passer mais pouvons-nous savoir quels sentiments les ont traversés quand ils découvrît qu’Anne était enceinte sans qu’ils fussent mariés.

Seule l’imagination peut nous aider.

Sans réelle surprise, le couple prénommera ce petit enfant Louis. Bah oui, pas trop d’originalité. L’aîné s’appelle comme le père et tu cherches pas à comprendre, ok?

Et puis le petit Louis deviendra aussi plâtrier plus tard. Car l’aîné récupère tout dans ce cas-là : et le prénom et le métier.

Et le nom de famille d’ailleurs aussi 🙂 Ahaha. C’est donc aussi un Louis Laisy. Mais je l’appelerai « petit Louis ».

Alala, hâte de savoir comment s’appellera la femme de celui que je nomme, du coup, le petit Louis ? Peut-être qu’il choisira une Anne aussi… Pour continuer à faire tout comme son père :p

fils laizy.JPG

Après Louis, naissent 2 filles : Victorine et Marie-Louise

 

fratrie petit louis.JPG

 

Le petit Louis et ses deux soeurs, Victorine et Marie-Louise grandissent ensemble à Vitré. Tiens, ça me fait penser un instant à une autre enquête : Emile et ses deux soeurs

 

Le petit Louis

 

Louis Jean Marie LAIZY
N° Sosa :
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Père :
Mère :

 

Le petit Louis grandit donc avec ses deux soeurs, ses parents et ses oncles (Jean, Isidore, François et Auguste) et tante Ollive.

Le 19e siècle passe et le petit Louis a 33 ans en 1900. Il se marie !

Ce mariage est cité dans une lettre du fils de notre Isidore. Ce fils était un Père Blanc parti en Ouganda pour évangéliser. Dans une de ses lettres envoyée en 1900, il partage son bonheur de savoir que son cousin L. Laisy se marie.

Ce qui est incroyable, c’est qu’avant de faire ces recherches, je ne savais pas qui était ce L. Laisy. Maintenant je sais qu’il s’agissait de son cousin, le « Petit Louis » pour moi 🙂

 

Mais avec qui se marie donc le Petit Louis? Comme s’appelle la mariée ? 😀 On a envie de savoir !! De continuer à braver le temps. Comme si on revivait l’époque !

 

 

 

 

Elle s’appelle Rose, cette belle jeune fille.

C’est la fille du gardien-fossoyeur du cimetière de Vitré.

surprise recherches généalogiques
Quoi?

Eh oui, ce sera l’occasion pour nous de découvrir un très beau métier comme on les aime 😀

Un métier qui existe toujours d’ailleurs. Je vous conseille la lecture de l’article suivant, le témoignage passionnant d’un gardien de cimetière actuel âgé de 34 ans :

Frédéric, gardien de cimetière à « l’estomac bien accroché »

 

Et puis on ne pourra pas s’empêcher d’écouter un peu de Brassens un instant :

 

En 1900 tout pile, on retrouve donc notre petit couple. Le petit Louis et Rose, la belle jeune fille.

Ils ont 4 enfants à Vitré puis très vite ils décident de déménager à Laval, en Mayenne. Laval est une préfecture, une grosse ville donc. Mais étrangement, ils ne vont pas à Rennes, la préfecture du département de l’Ille-et-Vilaine d’où ils viennent.

Mais à Laval.

Et j’ai remarqué avec d’autres membres de la famille que ce ne sont pas les seuls à faire ce choix : Vitré semble plus « proche » de Laval que de Rennes.

 

rennes vitré laval.JPG

 

Mais ce n’est pas vrai géographiquement. Vitré est distante de 40 km, que ce soit d’avec Rennes ou Laval. Cela ne me semble pas non plus être juste culturellement car Vitré et Rennes sont en Bretagne. Pas Laval. Alors vraiment je me demande… Peut-être qu’un de mes lecteurs saura m’éclairer sur ce point.

Toujours est-il qu’ils s’y installèrent, laissant derrière eux une partie de la famille à Vitré dont ma branche fait partie. C’est pourquoi plus d’écho aucun dans ma famille : souvenirs, mémoires ou autres papiers survivants de cette époque ne feront plus mention de ces cousins Laisy.

N’empêche que moi, je suis généalogiste-enquêteur. Alors forcément, je retrouve la famille du petit Louis et de Rose dans d’autres papiers.

 

Leur fils Marcel

 

Joseph Marcel LAIZY
N° Sosa :
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Père :
Mère :

 

Parmi leurs enfants, c’est le dernier qui va m’intéresser : le fils Marcel.

Il restera à Laval toute sa vie et décèdera en 1984.

 

Comme on peut le voir sur ce schéma réalisé à la fin de mes recherches :

lignée marcel laisy.JPG

Marcel se marie à 23 ans avec Simone. Remarquez les prénoms. Ils changent avec l’époque. Marcel & Simone, on les imagine très bien. Ce n’est plus Anne & Jean ou Pierre & Marie. Bref, un détail mais qui a souvent du sens en généalogie.

Bon par contre, le cap de la soixantaine est mal vécu apparemment.

Le couple divorce quand Marcel a 61 ans. Pourquoi ?

Ah bah j’ai pas attendu longtemps avant d’avoir ma réponse.

Seulement cinq mois après son divorce Marcel se remarie déjà… !

Avec Augustine.

blasé recherches généalogiques

On imagine très très bien Simone trompée et outragée, demandant le divorce.

A moins que ce soit plutôt Marcel qui le demandât pour pouvoir convoler avec sa maîtresse Augustine. Bon rien n’est sûr mais cette option me semble la plus probable.

Marcel meurt à 77 ans, en 1984 et c’est le dernier survivant de la branche de la soeur aînée Anne et de Louis le plâtrier.

Mon arrière-grand-père ne connaissait pas ce cousin issu de germain, Marcel. Enfin, du moins, n’en a-t-il jamais parlé. Pourtant ils sont nés la même année mais les deux branches ne se cotoyaient pas du fait du déménagement à Laval.

Alors serait-ce déjà la fin de cette fabuleuse enquête ?

 

L’enquête continue

 

Eh non 🙂 car avant de clôturer les recherches sur cette branche, je scanne avec mes yeux (oui oui c’est possible, ahaha) les documents qui constituent le dossier final de la branche d’Anne et de Louis le plâtrier.

Car oui, j’établis ma généalogie sur papier, comme je l’explique ici : Ma méthode ultime de numérotation en généalogie

Mes yeux s’arrêtent à un moment donné sur un détail que j’avais laissé de côté trop hâtivement sans doute. Peut-être étais-je excité par les découvertes successives et je serais passé à côté.

Je m’explique mais avant reprenons le schéma  » Anne – Petit Louis – Marcel « 

 

 

léon laisy et bouvier.JPG

 

Le frère aîné de Marcel se prénomme Léon, comme -c’est ce que je lis sur son acte de naissance- son oncle, témoin de sa naissance et sûrement son parrain pour avoir le même prénom.

Mais quel oncle ? Le petit Louis n’a pas de frère qui s’appelle Léon. Ni Rose, la fille du fossoyeur, d’ailleurs.

Il est noté sur l’acte de naissance que cet oncle s’appelle Léon Bouvier.

Je ne connais pas de BOUVIER. Il s’agit donc d’un beau-frère.

 

Alors je cherche, je cherche.

et…. Bingo.

Je retrouve Léon BOUVIER comme l’époux de Victorine avec qui il a eu 2 enfants : Léon-Victor (pour le différencier) et Henri.

 

Victorine, la soeur du Petit Louis

Victorine Marie Augustine LAIZY
N° Sosa :
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Père :
Mère :

 

Léon est cordonnier à Vitré.

Voici donc la descendance de Victorine et de Léon le cordonnier :

laisy bouvier.JPG

Les recherches sur cette branche n’étaient donc pas tout à fait terminées.

Mais désormais, elles le sont :

Henri, le neveu du petit Louis, décède en 2006. Rah, à 12 ans près, j’aurais pu tenter de le rencontrer.

Quant à Léon, son frère aîné, pas de mention marginale de son décès sur son acte de naissance. Alors je compte sur mes doigts et constate qu’il devrait avoir aujourd’hui 115 ans. Wouaw, un supercentenaire dont je serais le cousin. Je regarde dans la liste des supercentenaires français.

Et il n’y est pas. Déception infinie. Il doit simplement s’agir d’un oubli de l’administration. Donc je ne saurai pas quand il est décédé. Après 1972 dans tous les cas puisqu’il s’agit de la date de son deuxième mariage.

Cela donne donc pour cette branche, et dans son intégralité :

conclusion.JPG

 

 Merci d’avoir suivi cette enquête. Qu’en avez-vous pensé ?

1 Commentaire

  1. jean bazin Répondre

    Bazin jy Bravo pour ces recherches: je ne connaissais pas la branche partie vers laval?????
    Tu gardes tout pour l’éternité. Maintenant des cousins de cousins finissent par se perdre.
    Attendons la suite

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