Pierre DEVEZE. Ses vraies mémoires – Partie 1 et 2 / 16


Cet article est le premier d’une longue série. En effet, Pierre DEVEZE, mon arrière-grand-père, est un des rares ascendants qui nous a laissé ses mémoires.

Ce qui suit constitue donc ses véritables mémoires, écrites à la fin de sa vie (vraisemblablement en 2001/2002, à l’âge donc de 93/94 ans) avec une machine à écrire. Ces mémoires prennent la forme d’une lettre écrite à ses enfants : Jacques, Jean (mon grand-père), Alain et Christian.

Je vous livre cette lettre brute :


Mon parcours dans ma vie affective

 

De 1906 à 1926 : parcours sans histoire. J’ai eu la chance d’être né et élevé dans une famille dont grands-parents et parents m’ont inculqué le sens, la moralité et la finalité de la vie, autant par l’éducation que par l’exemple.

 

A cette époque-là, il n’était pas question de la mixité des sexes. Les garçons restaient sagement d’un côté et les filles de l’autre, tout au moins jusqu’à 18/20 ans. Dans les années 1925-1930, nous étions encore loin de 1968 !!!! où il fallait abolir tout ce qui était défendu !!!

 

En ce qui me concernait, mes sorties étaient exclusivement, d’abord avec mes amis d’école, managés par un de nos professeurs Henri HARE, tout juste 10 ans de plus que nous, jusqu’à 16 ans, et ensuite jusqu’à 20 ans avec ces mêmes amis plus ceux du club cycliste de Roger LAPLANTE : les AUDAX Bordelais avec qui je sortais souvent pour de longues balades en vélo le dimanche (parfois 100 kms dans la journée).

 

 

Première explication de texte : les LAPLANTE sont des amis de la famille. La belle-mère de Roger LAPLANTE était la soeur de lait du père de Pierre DEVEZE. Nous reviendrons sur ce lien dans un autre article.

 

Deuxième explication de texte : ci-après un lien Wikipedia pour comprendre ce qu’est un audax en cyclisme

https://fr.wikipedia.org/wiki/Audax

 

 

De novembre 1926 à avril 1928 : service militaire à Angoulême (artillerie hippo-tractée). Pas de problème affectif durant cette période. J’étais suffisamment averti par mon éducation familiale et religieuse des dangers des « pulsions » et « impulsions » difficilement maîtrisables.

 

Au retour du service militaire, en avril 1928, avec mon vieil ami Edmond CETRAN, nous nous inscrivons au cours de danse « Dariol » cours Pasteur à Bordeaux. Deux soirées par semaine d’apprentissage de danse avec une trentaine de garçons et filles de 18 à 22 ans, tous BCBG, toutes les jeunes filles accompagnées de leurs mamans. C’est là d’ailleurs que mon ami CETRAN a fait la connaissance d’Andrée sa future femme avec qui il passera plus de 50 ans de sa vie.

 

Peu de temps après, début 1929, je m’inscris dans un cercle de la paroisse Saint Nicolas (le CERCLE DE CHEZ NOUS) dont le président était mon ancien professeur du Sacré-Coeur Henri HARE, qui se mariera peu de temps après avec Germaine VIEU, la soeur aînée de Simone BALLAN (ex-VIEU). Bien entendu, ce cercle comme tous les cercles qui se respectent avaient un trésorier qui s’appelait : Monsieur BETOULE… Vous pressentez la suite.

 

Simone VIEU était une amie d’enfance d’Albertine BETOULE (la future femme de Pierre DEVEZE et mère de ses enfants). Simone se maria avec le docteur BALLAN qui devient alors le médecin de la famille à Bordeaux

 

 

 

1931-1962 Votre mère

 

Avec ce cercle, nous organisions, tous les ans, plusieurs matinées théâtrales à la salle FRANKLIN, rue Vauban à Bordeaux, qui réunissaient familles et amis, quelques 200 à 250 personnes. Des troupes d’amateurs faisaient le spectacle. Songez qu’à ce moment-là, il n’y avait ni radio, ni télévision. Il fallait bien se débrouiller à se distraire par nos propres moyens…

 

salle franklin.PNG

 

La salle Franklin existe toujours et sert actuellement au Ballet de l’Opéra National de Bordeaux qui y répète à l’année.

 

salle franklin @PHOTO RICHARD ZEBOULON

Crédit Photo : PHOTO RICHARD ZEBOULON

 

 

Et également, pendant les mois d’hiver, d’octobre à mars, nous organisions des matinées dansantes pour les jeunes du Cercle. Cela se passait dans les salons de DARRICAU, place Gambetta. Nous étions une quarantaine de garçons et filles, de 19 à 23/24 ans. Là aussi, les mamans de ces demoiselles surveillaient les évolutions.

 

La Maison DARRICAU est une enseigne créée en 1915. Aujourd’hui, seulement chocolaterie mais à l’époque, également pâtisserie et salon de thé.

 

Et c’est ainsi que durant l’hiver 1930/1931 (nous flirtions déjà depuis plus d’un an), tout en dansant, j’ai demandé à votre Mère si elle voudrait bien danser toute sa vie avec moi. La réponse a été immédiate et très nette. Ce fut un OUI spontané.

 

Et nous avons ainsi passé 31 ans de notre vie ensemble dans la plus parfaite entente, dans la plus totale confiance réciproque, dans la plus totale tendresse et pourquoi ne pas l’écrire dans le même premier amour de nos premières rencontres.

 

Bien sûr, nous avons eu, comme tout le monde je pense, des hauts et des bas mais avec tendresse et confiance, les années ont passé « cool ». Et la vie nous a comblé en vous accueillant tous les 4 les uns après les autres.

 

Et votre Mère nous a quittés après 4 années de souffrances physiques mais surtout morales. Merci mes enfants pour toutes les satisfactions que vous nous avez données. A votre Mère tout d’abord durant toute votre jeunesse. Je puis vous assurer qu’elle n’a jamais eu de reproches sérieux à vous faire. Elle a été heureuse que les deux aînés aient su choisir la compagne de leur vie et aurait été heureuse que les deux derniers, eux aussi, aient su aussi bien choisir leurs compagnes pour la vie.

 

Merci pour moi aussi, car s’il m’est arrivé de râler trop fort quelquefois, cela n’allait pas très loin car vous avez tous suivi le « bon chemin » de la vie. Je souhaite que vous puissiez le suivre longtemps encore dans la paix. Et vos enfants (mes petits-enfants) pareillement.

 

Amen! Amen! Ici s’arrête la première partie de ma vie affective.

Ensuite vient Annie.

 

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