Mon nom est René GANDON


 

René GANDON
N° Sosa :
Voir l arbre
Père :
Mère :

 

Comme pour les deux tiers des français du début du XIXe siècle, je viens d’une famille d’agriculteurs. Nous étions plus exactement « cultivateurs » dans la Sarthe.

Je suis l’aîné de ma fratrie. Deux ans après ma naissance, ma mère accoucha d’un enfant mort-né, ce qui était monnaie courante malheureusement. Mais très vite ont suivi Pierre, Jean et Etienne.

 

Le lien de parenté

 

 

 

 

Nous venons de la Sarthe. Oui, mais encore ?

 

Du côté de mon père, notre famille a toujours été implantée et ce depuis des générations à Domfront, un petit village de l’ancienne province du Maine, aujourd’hui département de la Sarthe (depuis la création des départements lors de la Révolution). Ce petit village s’appelle DOMFRONT-EN-CHAMPAGNE.

On précise champagne pour différencier notre village des autres qui portent le même nom en France et on utilise ce mot de champagne, non pas parce que nous sommes dans la région du Champagne mais parce que nous sommes véritablement en raz campagne. C’est pas peu dire !

Mais nous l’aimons notre campagne, nous sommes attachés à notre village de Domfront, à son église dédié à St Front (lien n°1 et lien n°2), à la forêt de Lavardin non loin d’ici.

 

 

Ancienne carte postale. Au premier plan, la rue principale de Domfront-en-Champagne. Au fond, son Eglise.

 

La rencontre de mes parents

 

Quand mon père était adolescent, lui et sa famille, sont allés vivre à Cures puis aux Maisons Rouges, à Bernay-en-champagne. L’époque de la révolution était propice aux changements contraints. Mais les raisons de ces déménagements successifs m’ont toujours été cachées et sont toujours restées irrésolues.

 

 

Toujours est-il qu’aller ailleurs pour trouver ce que l’on recherche n’a jamais fait peur à mon père.

 

Même pour se marier mon père n’est pas revenu à Domfront pour trouver chaussure à son pied. Il a préféré trouver ma mère à Neuvillalais, un village de l’autre côté de la ville de Conlie. Ils se sont mariés à Conlie d’ailleurs car c’est à mi-distance entre Bernay et Neuvillalais.

 

 

Ils se sont donc mariés le 10 messidor de l’an VIII de la République Française : le 29 juin 1800 en fait.

Et, moi, je suis né pile 9 mois après, le 9 germinal an IX (30 mars 1801) à Neuvillalais, le village de ma mère.

 

Le début d’un métier qui fut toute ma vie …

 

Toute ma vie de jeune, j’ai donc eu l’habitude de marcher de village en village autour de Conlie pour retrouver mes proches. Ça n’allait pas au-delà des trois heures de marche mais pour mon très jeune âge, c’était beaucoup déjà. De plus, j’usais beaucoup mes chaussures, énormément. Je devais les repriser, les réparer, les entretenir. Et comme l’époque était propice au commerce, c’est presque naturellement que je suis devenu cordonnier, marchand de chaussures. Je pouvais aller loin pour vendre mes chaussures, que je fabriquais intégralement. Je marchais parfois presqu’une journée pour trouver des clients et je traversais même la Sarthe s’il le fallait ! Mon périmètre d’action se situait au Nord du département de la Sarthe, principalement entre Le Mans et Alençon.

 

 

 

 

L’accomplissement de ma vie

 

J’ai rencontré Constance, à Lucé-sous-Ballon (à 20 km de chez moi), toujours dans la Sarthe.

 

 

Nous nous y sommes mariés en 1830. Je m’y suis établi avec elle, je veux dire installé, sédentarisé. Eh oui ! Déjà quinze ans que je cumulais de petites sommes. Autant vous dire que lorsque j’ai annoncé à Constance très vite après notre mariage que je décidais d’acheter une petite boutique avec une maison attenante, à Lucé-sous-Ballon, elle n’y croyait pas. « Nous ! Propriétaires ! » Oui, c’est vrai, nous allions paraître aux yeux de tous comme des bourgeois du Mans. Mais bon, j’avais à cœur de lui assurer toute la sécurité qu’il m’était possible de lui donner.

 

lucé sous ballon.jpg

église lucé sous ballon.jpg

 

église sainte trinité lucé sous ballon.jpg

Malheureusement, que pouvais-je bien faire contre l’hiver glacial de 1837 et l’épidémie de choléra qui s’ensuivit. Impossible pour moi de faire quoique ce soit. Le 15 mai, Constance s’éteint. Elle avait seulement 28 ans et moi j’étais effondré.

Nous n’avions pas réussi à avoir d’enfant…

 

 

Une rencontre incroyable

1 an de deuil et puis 1 an supplémentaire pour trouver une seconde épouse.
Et voilà que le 13 mai 1839, j’épousais votre mère, Anne LANDEAU. Je vais vous raconter l’histoire de notre rencontre.

 

La famille LANDEAU

En fait je connaissais son père à la base. Car les LANDEAU viennent de Neuvillalais et donc j’ai tout naturellement sympathisé avec François. Lui aussi avait quitté Conlie et les alentours d’abord à cause de son métier et ensuite, comme moi, parce qu’il avait trouvé la femme de sa vie.

François était vétérinaire-hongreur, un métier qui n’existe plus aujourd’hui et qui pourtant, à l’époque, servait énormément. Il était expert dans la castration des chevaux et devait parcourir la région pour trouver les chevaux qui n’étaient pas encore castrés et qui devaient l’être.

Il s’était finalement établi à Piacé.

 

 

François s’est marié avec une fille de Chérancé, Françoise, le 20 messidor an XIII (9 juillet 1805) et ils se sont installés à Piacé. Ils eurent quatre enfants. Anne était la troisième au milieu de ses trois frères : les deux aînés Pierre et Jean + Joseph, le petit dernier.

 

 

L’union de deux familles

Anne a donc vécu dans un contexte très masculin et elle est devenu par la force des choses quasiment garçon manqué. Elle n’avait pas comme les filles de son âge l’envie d’être mère et quand elle a eu 24 / 25 ans, son père s’est fait une raison et pensait qu’elle serait célibataire jusqu’à la fin de sa vie. En même temps, ça ne le dérangeait pas vraiment : elle l’aidait et l’accompagnait dans ses déplacements. A plus de 60 ans, il avait bien besoin d’aide et il se contenta donc de cette situation.

J’étais très proche des LANDEAU et je les côtoyais aussi souvent qu’il m’était donné de le faire. Je m’étais même attaché à cette famille et il me semblait bien que c’était réciproque. Alors quand, à la fin de ma période de deuil, à la noël 1838 exactement, François m’a proposé la main de sa fille, j’ai donné mon accord de principe. Anne me connaissait bien et s’est laissé convaincre. Le mariage a donc été décidé pour le 13 mai de l’année suivante. Nous nous sommes mariés à Piacé puis nous sommes allés vivre à Lucé, là où se trouvait mon commerce.

 


Epilogue

René et Anne eurent :

  • Estelle Aimée (1840)
  • Constance Victoire (1841)
  • Constant François (1842)
  • Angeline Rose (1845)
  • Joseph René (1847)
  • Marie Joséphine (1848) : elle devait s’appeler Constance Joséphine mais une fois l’acte dressé, René a demandé à l’officier d’état civil de changer pour Marie Joséphine.
  • Léon Eugène (1852)

 

Angeline Rose se faisait appeler Angèle ; plus simple, plus à sa convenance et a profité de ce qu’on a appelé a posteriori « l’exode rural » pour travailler au Mans en tant que passementière, un métier qui n’existe plus et qui consistait à coudre des ornements aux vêtements, souvent au bout des manches de chemises. Elle y a rencontré un horloger. Lui aussi a profité de l’exode rural pour venir au Mans, lui aussi venait d’un petit village de la Sarthe. Il s’appelait René aussi. René LEPART. Mais, ça, c’est une autre histoire…

 

FIN