Jeanne MASSON. Ma vie, rue du Mirail [A Bordeaux! Ep.1]


Jeanne MASSON
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Le podcast de « Jeanne MASSON, ma vie rue du Mirail à Bordeaux » :

 

 

 

 

Mon nom est Jeanne MASSON. Je suis né en juin 1814 à Bordeaux.

Et quand je suis née, à Bordeaux, c’est le chaos politique depuis quelques mois déjà. Car la ville de Bordeaux a été la première ville à se soulever contre l’Empereur Napoléon.

Je suis donc née sous la première restauration. Louis XVIII, notre nouveau Roi a été plébiscité par Bordeaux, ville dont on a décrété alors qu’elle était la plus royaliste du Royaume.

Alors que Toulouse l’était certainement bien plus mais là, c’est un autre débat qui ne nous intéresse pas dans mon histoire 🙂

 

Pour en savoir plus sur ce moment de l’Histoire de Bordeaux et sur la journée du 12 mars 1814 :

 

<<< Lien historique n°1 >>>

 

<<< Lien historique n°2 >>>

 

Mais n’allez pas croire que le désordre n’était pas aussi présent dans la vie personnelle et intime de mes parents. Bien au contraire ! et c’est leur histoire que je m’en vais vous raconter.

 

 

 Comment mon père est arrivé sur Bordeaux ?

 

Mon père Jean MASSON est né en 1787 à La Réole.

 

la réole

Source : Google Maps

 

Il est devenu très tôt boucher, comme son père. En fait, il a été orphelin au moment où il était en âge de travailler et a donc dû reprendre le commerce de son père à son décès. Il se débrouillait bien, même très bien. Il était commerçant, avait du bagou. Ceux qui le fournissaient en bêtes en étaient pleinement satisfaits.

 

Mon père est donc devenu un peu par hasard commissionnaire aux bestiaux.

Le commissionnaire tire son nom de la commission qu’il touche pour les achats ou les ventes effectués pour le compte de ses clients. Les bêtes venaient souvent d’assez loin et le commerçant, outre l’acheminement, la présentation et éventuellement la resserre de l’animal, garantissait à l’éleveur la bonne fin de sa vente.

 

Concrètement, il partait avec le bétail de La Réole pour aller le vendre à Bordeaux, au marché à bestiaux des Capucins. Et à côté de ça, il était encore boucher mais à Bordeaux. En arrivant sur Bordeaux, il s’est installé dans une rue à côté du Grand Marché, plus précisément au 43 rue du Mû. 

Eh oui, ce n’est pas un hasard s’il s’est installé rue du Mû. Pour savoir pourquoi, je vous invite à lire l’article suivant : <<< Bordeaux, au coeur de la boucherie >>>

La rue du Mû n’existe plus aujourd’hui. Elle a disparu avec le percement du cours Alsace-Lorraine pour ceux qui connaissent Bordeaux.

 

 


Comment ma mère est tombée sous le charme de mon père ?

 

Ma mère Françoise LACOSTE est née en 1789 à Bordeaux et baptisée à l’église Sainte Croix. Elle a toujours vécu dans le quartier St Michel à Bordeaux, seule avec sa mère Betrande.

Quant à son père, il était marin et sa présence était plutôt rare. Elle avait 17 ans quand elle apprit la mort de son père à Rochefort d’une de ces maladies de marins que la Marine Française était incapable d’enrayer. Il mourut en 1806 à l’Hôpital de la Marine de Rochefort, alors qu’il était « novice en subsistance » sur la corvette L’Auguste.

 

Dans l’article suivant, vous pourrez vous apercevoir des conditions des marins à cette époque à travers la vie d’un autre de mes ancêtres, également marin sous Napoléon Ier <<< Mourir pour Napoléon à bord du Charlemagne >>>

 

Ma mère habitait la rue Ducasse à Bordeaux (l’actuel rue Gaspard Philippe). C’est la rue qui part de la Place Canteloup pour aboutir sur la place Maucaillou, non loin du… Marché des Capucins.

 

Et pour revenir à mon père, il passait régulièrement devant chez elle du fait de ses deux activités, au marché des Capucins et au Grand Marché.

 

 

Au début, il ne l’avait pas vraiment vue, occupé comme il était. Mais quand ce chemin commençait à être pour lui une routine, il a repéré ma mère et l’a séduite. Elle s’est laissée faire très vite, trop vite. Elle est tombée enceinte dans les jours qui ont suivi leur première rencontre (janvier 1812) et elle a bien cru, tout naturellement, que mon père acceptera un mariage qui réglera la situation.

Au lieu de ça, ma mère a dû accoucher seule de mon frère aîné, Dominique, le 10 octobre 1812. Elle l’a déclaré de père inconnu.

Mon père a ensuite essayé de réapparaître dans la vie de ma mère, en vain. Il a fallu un an avant que le lien de confiance se rétablisse et ma mère est tombée une nouvelle fois enceinte. De moi cette fois.

Pendant les premiers mois de la grossesse de maman, ma grand-mère maternelle Bertrande a forcé la main à mon père et a su être persuasive. La date du mariage a été arrêtée le plus tôt possible, le 13 avril 1814, deux mois avant ma naissance. Le mariage a été l’occasion pour mon père de reconnaître mon frère aîné Dominique.

 

 Mes histoires de coeur

 

De mon côté, des années plus tard bien évidemment, je me suis mariée avec un boucher aussi. C’était le fils d’un ami de mon père. Jean ROBERT qu’on appelait BOURBON d’ailleurs à cause de la forte ressemblance de son visage plus que de son allure avec le visage du dernier des BOURBON que la France a eu comme roi :

<<< Charles X >>>

 

J’ai eu quatre enfants avec Jean. Et lorsqu’il est décédé, ça a été très dur pour moi. Je n’étais pas préparée à cela, surtout que je venais à peine de dépasser les trente ans.

A ce moment-là, nous habitions au 4 rue du Mirail et nous étions très amis avec un voisin qui habitait au numéro 23 de cette même rue du Mirail. Ce voisin était aussi un collègue de Jean puisque Pierre BETOULE était boucher et il lui arrivait souvent de travailler avec mon mari. Pierre m’a soutenu énormément lors de cet événement douloureux. Il travaillait à la boucherie du 27 rue Augustine (actuellement rue Gratiolet) qui est le prolongement parfait de la rue du Mirail. Il était donc tout le temps proche et disponible en cas de besoin si je ne me sentais pas bien ou trop seule pour supporter de le rester.

Petit à petit, sans précipitation mais très naturellement, nous nous sommes rapprochés pour la vie.

Et nous nous sommes finalement mariés le 16 juin 1847.

 

FIN

 

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