Jeanne MASSON. Ma vie, rue du Mirail à Bordeaux


Jeanne MASSON
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Je suis né en juin 1814 à Bordeaux, en plein chaos politique. C’était le début de la première restauration dont Bordeaux a été le fer de lance. Napoléon venait à peine d’abdiquer pour être remplacé par Louis XVIII.

 

Lien historique n°1
Lien historique n°2

 

Mais le désordre était aussi présent dans la vie personnelle et intime de mes parents. C’est leur histoire que je vais vous raconter.

 

 Les liens de parenté 

 

 

 

 Mon père était un boucher fraîchement arrivé à Bordeaux…

 

Mon père, Jean, est né en 1787 à La Réole.

 

 

 

Il est devenu très tôt boucher, comme son père. En fait, il a été orphelin au moment où il était en âge de travailler et a donc dû reprendre le commerce de son père à son décès. Il se débrouillait bien, même très bien. Il était commerçant, avait du bagou. Ceux qui le fournissaient en bêtes se plaignaient souvent de ne pas arriver à vendre toutes les bêtes qu’ils voulaient.

 

Mon père est donc devenu un peu par hasard commissionnaire aux bestiaux. Le commissionnaire tire son nom de la commission qu’il touche pour les achats ou les ventes effectués pour le compte de ses clients. Les bêtes venaient souvent d’assez loin et le commerçant, outre l’acheminement, la présentation et éventuellement la resserre de l’animal, garantissait à l’éleveur la bonne fin de sa vente.

 

Concrètement, il partait avec le bétail de La Réole pour aller le vendre à Bordeaux, au marché à bestiaux des Capucins. Et à côté, il était encore boucher mais à Bordeaux et c’est pourquoi il s’est installé, en arrivant sur Bordeaux, au 43 rue du Mû, à côté du Grand Marché. Eh oui, ce n’est pas un hasard s’il s’est installé rue du Mû. Je vous invite pour savoir pourquoi à lire l’article suivant : Bordeaux, au coeur de la boucherie.

La rue du Mû n’existe plus aujourd’hui. Elle a disparu avec le percement du cours Alsace-Lorraine.

 

 


 Ma mère est très vite tombée sous le charme de mon père

 

Ma mère est née en 1789 à Bordeaux et baptisée à l’église Ste Croix. Son nom : Françoise LACOSTE. Elle a toujours vécu dans le quartier St Michel à Bordeaux, seule avec sa mère. Son père était marin et sa présence était plutôt rare. Quand elle avait 17 ans, elle apprit la mort de son père à Rochefort d’une de ces maladies de marins que la Marine Française était incapable d’enrayer. Il mourut en 1806 à l’Hopital de la Marine de Rochefort, alors novice en subsistance de la corvette L’Auguste.

Dans l’article suivant, vous pourrez vous apercevoir des conditions des marins à cette époque à travers la vie d’un autre de mes ancêtres, également marin sous Napoléon Ier >> Mourir pour Napoléon à bord du Charlemagne

Ma mère et ma grand-mère Bertrande habitaient donc rue Ducasse (l’actuel rue Gaspard Philippe). C’est la rue qui part de la Place Canteloup pour aboutir sur la place Maucaillou, non loin du… Marché des Capucins.

Mon père passait régulièrement devant chez elle du fait de ses deux activités, au marché des Capucins et au Grand Marché.

 

 

Au début, il ne l’avait pas vraiment vu, occupé comme il était. Mais quand ce chemin commençait à être pour lui une routine, il a repéré ma mère et l’a séduite. Elle, s’est laissée faire très vite, trop vite. Elle est tombée enceinte dans les jours qui ont suivi leur première rencontre (janvier 1812) et a bien cru, tout naturellement, que mon père acceptera un mariage qui réglera la situation.

Au lieu de ça, ma mère a dû accoucher seule de mon frère aîné, Dominique, le 10 octobre 1812. Elle l’a déclaré de père inconnu.

Mon père a ensuite essayé de réapparaître dans la vie de ma mère, en vain. Il a fallu un an avant que le lien de confiance se rétablisse et ma mère est tombée une nouvelle fois enceinte. De moi cette fois.

Pendant les premiers mois de la grossesse de maman, ma grand-mère maternelle Bertrande a forcé la main à mon père et a su être persuasive. La date du mariage a été arrêtée le plus tôt possible, le 13 avril 1814, deux mois avant ma naissance. Le mariage a été l’occasion pour mon père de reconnaître mon frère aîné Dominique.

 

 Mes histoires de coeur

 

De mon côté, je me suis mariée une première fois avec un boucher, Jean ROBERT qu’on appelait BOURBON à cause de la ressemblance qu’il avait avec le dernier des BOURBON qui nous a gouverné, Charles X.

J’ai eu quatre enfants avec Jean. Et le 15 mai 1845, il s’est éteint dans son sommeil sans qu’on n’en connaisse la raison… ça a été très dur pour moi.

Nous habitions au 4 rue du Mirail à l’époque et un voisin (qui habitait au 23 rue du Mirail) mais ami également et boucher comme Jean m’a soutenu énormément lors de cet événement douloureux. Pierre BETOULE travaillait à la boucherie du 27 rue Augustine (actuellement rue Gratiolet) qui est le prolongement de la rue du Mirail. Il était donc tout le temps proche et disponible en cas de besoin.

Nous nous sommes finalement mariés le 16 juin 1847.

 

FIN

 

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