Pierre DEVEZE. Ses vraies mémoires. Parties 3 et 4 /16.


Au préalable il est conseillé de lire l’article suivant : Pierre DEVEZE. Ses vraies mémoires – Partie 1 et 2 / 16

 

1963 – 1975 Annie

Annie

Ensuite ce fut « Annie ». Pourquoi Annie ? Ce fut très simple.

 

Peu de temps avant de nous quitter, votre mère connaissant son mal et sachant qu’il ne lui restait pas beaucoup de temps à passer avec nous, me dit : « Bientôt je vais vous quitter, que feras-tu lorsque je ne serai plus avec vous? Peut-être songeras-tu à te remarier? Tu auras raison car tu es encore jeune, mais je t’en prie, réfléchis bien avant de te décider. Je voudrais tant que nos enfants n’aient pas à en souffrir, surtout nos deux derniers qui sont encore jeunes. » Et après, un temps d’arrêt, elle me dit encore… « Pense à Annie ».

 

Et c’est ainsi que l’année suivante, j’ai pensé à Annie. En fait, Annie, je l’ai connue presque en même temps que votre Mère. C’était durant le temps des vacances de 1929. Je commençais à flirter avec votre Mère lorsque votre Grand-Père BETOULE m’avait invité à venir passer un week-end à « REMEMBER ».

 

REMEMBER était la villa de vacances à Arcachon de la famille BETOULE.

 

Annie s’y trouvait car elle passait tous les ans quelques jours de vacances à Remember, de même que votre Mère allait passer, tous les ans, quelques jours à La Tremblade (près de Royan, en Charente-Maritime). Elles étaient amies de pension depuis l’âge de 10 ans. J’ai fait sa connaissance à cette époque-là. Nous avions 23 ans tous les trois. Puis la vie continuant, Annie s’est mariée avec « Tonton LUCIEN » en juillet 1931 et moi avec votre Mère en novembre 1931.

 

Et c’est ainsi que nos deux couples se sont suivis pendant plus de 30 ans. De plus, Annie était la marraine d’Alain. Elle n’était pas une inconnue pour moi… ni pour vous non plus. Et c’est ainsi qu’en Janvier 1963 (elle était veuve depuis 1960), je l’ai invitée à venir passer quelques temps à Casa [Casablanca, où vivait à l’époque Pierre DEVEZE, nous allons le voir]. Elle est venue en avril 1963 et il était convenu que nous la ramènerions en voiture avec nous fin juin (Christian et moi) pour les vacances. Elle a donc passé 3 mois à Casa, au Gîte, avec Christian comme « mentor ».

 

Puis, vers fin juin alors que nous nous promenions, comme nous en avions l’habitude sur la « Corniche » en bord de mer, nous avons fait une petite halte à la terrasse d’un café. Je lui ai demandé si son séjour lui avait été agréable et s’il lui plairait d’y revenir, et sur son affirmation, s’il lui plairait aussi d’y terminer sa vie avec moi. Son oui, comme votre Mère me l’avait déjà dit plus de 30 ans avant, fut aussi spontané, immédiat, sans réserve. Elles avaient tellement de points communs. Elles avaient eu toutes les deux la même conception de la vie que finalement, par la suite, ni elle ni moi n’avons eu à nous forcer ou abdiquer sur quoi que ce soit.

 

Ce fut, entre nous, non pas bien sûr un mariage de jeunes gens amoureux, ni un mariage de raison, mais un mariage de grande amitié, de grande compréhension, d’affection et de tendresse réciproque.

 

Et puis, comme votre Mère, elle m’a quitté après 12 ans de vie heureuse, mais hélas pour elle aussi après un an de souffrances physiques et morales.

 

Ainsi va la vie…

 

 

1975-1985 Suzanne

Suzanne.JPG

Suzanne : pourquoi et comment ? Là aussi, avec Suzanne, ce fut très simple. Avec votre Mère, nous avions connu Suzanne et son mari, surtout après la fin de la guerre, lorsqu’il leur fut permis, ainsi qu’à Annie et son mari, de rentrer chez eux, en mai 1945, à la fin de la guerre, losque les Allemands retranchés dans la poche de Royan furent faits prisonniers.

 

Ensuite, après 1946, nous sommes allés régulièrement, tous les ans, passer quelques jours de vacances à La Tremblade et les BELLAYGUE, les TALLIEU, les ROUYE et les DEVEZE se retrouvaient régulièrement. Puis après 1958, après le décès de son mari, Suzanne et Annie étaient devenues plus intimes, et davantage intimes après le décès de Lucien en 1960. C’est à ce moment-là que nous l’avons connue davantage, votre Mère et moi.

 

Puis avec Annie, nous l’avons amenée avec nous à Casa en septembre et octobre 1968. Bref, j’avais été amené à l’apprécier et à la connaître très bien.

 

Au décès d’Annie, en février 1975, je l’en avais avisée par lettre et elle m’a répondu très amicalement en me demandant de lui faire plaisir en passant la voir si j’avais l’occasion de passer par Toulouse un jour ou l’autre.

 

Au mois de mai 1975, je suis allé passer deux jours à Lourdes pour un temps de réflexion. J’avais besoin de réfléchir. Je n’avais jamais oublié que votre Mère avait fait voeu d’aller à Lourdes si je revenais intact de mon voyage avec les Allemands en août 1944.

 

Le récit bref du fameux voyage avec les Allemands d’août 1944 est le suivant : cet été-là, la famille passait les vacances en Charente. Et, en voulant rentrer sur Bordeaux avec sa camionnette, Pierre DEVEZE fit la malheureuse rencontre d’Allemands qui battaient en retraite à ce moment-là. Ils l’obligèrent à les conduire jusqu’à la frontière allemande, ce qu’il fit. Sur le chemin, une camionnette de la Poste avait également été séquestrée avec son chauffeur. 

Arrivés à la frontière, tout ce petit groupe fit la rencontre de FFI et après de nombreux échanges de coups de pistolets, évités de justesse, les Allemands autorisa les chauffeurs à repartir avec la camionnette de Pierre DEVEZE. Les chauffeurs prirent le soin de retirer quelques pièces de la camionnette de la Poste… L’histoire ne dit pas si les Allemands ont tout de même réussi à rentrer chez eux. Toujours est-il que Pierre DEVEZE finit par rentrer chez lui pour le plus grand soulagement de sa femme et de toute sa famille.

 

De mon côté, j’avais eu la même pensée. Et nous avons accompli ce voeu en avril 1945 : votre Mère et les deux aînés à vélo et moi « pedibus cum jambis » (pardon, plus un bagage porté par votre Mère).

Pour le bagage, il s’agit d’Alain.

 

Lourdes me permettrait peut-être de prendre une décision !

Et je suis revenu vers La Tremblade en passant par… Toulouse. Visite très amicale et très correcte suivie d’une invitation à venir passer quelques jours de vacances au mois d’août, invitation acceptée bien sûr.

 

Vers la fin juillet 1975 alors que j’étais chez Jean à Périgueux, je lui ai téléphoné pour savoir si elle pouvait me recevoir au début du mois d’août. Elle était tout à fait d’accord, elle m’attendait. J’y suis donc allé et y suis resté une quinzaine de jours après un petit voyage en Andorre et je lui dit que j’allais reprendre le chemin de la Tremblade. Elle a insisté pour que je reste quelques jours de plus. Je lui ai répondu en lui disant que ce ne serait peut-être pas raisonnable car je risquerais de ne plus pouvoir repartir…

 


Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *