Mon nom est Claude SALLE – Partie 1


Claude SALLE
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Je m’appelle Claude SALLE et je suis né en 1716 à La Salle. C’est un tout petit village des Alpes perché à plus de 1400 mètres d’altitude et dont voici la vue :

 

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Vue de la communne de La Salle-les-Alpes, avec au fond, les pistes du domaine skiable de Serre Chevalier, au centre, le hameau de Villeneuve, à droite, le hameau du Bez et au premier plan derrière les arbres, le hameau de la Salle (source Wikipedia)

 

Autour de nous, les montagnes. Et quatre autres hameaux qui nous accompagnent dans la solitude de ce paysage de la vallée de la Guisane. Il s’agit des hameaux de La Villeneuve, Le Bez, Les Pananches et Moulin-Baron.

 

vallée guisane après paint.png

 

Aujourd’hui ces 5 villages forment la commune de La-Salle-les-Alpes. C’est à une douzaine de minutes de voiture de Briançon, non loin de la frontière Italienne.

 

la salle vs briançon et italie après paint.png

 

C’est aussi et surtout une grande station de ski désormais  : la station de SERRE CHEVALIER.

 

 

La Salle, une ville dans laquelle j’étouffais

 

Mais à mon époque, c’était toute l’année que La Salle comptait autour de 200 habitants. Nous étions si peu nombreux que trois grandes familles regroupaient quasiment la totalité de la population locale : les SALLE, les BOREL et les GRAVIER.

 

Et en réalité, c’était presqu’une seule et même famille : 3 de mes 4 grands-parents avaient pour nom SALLE tandis que le nom du 4ème était BOREL.

 

Mon arrière-grand-mère était une BOREL aussi et mon arrière-arrière-grand-mère une GRAVIER, etc.

 

 

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De sorte que La Salle était une ville bien trop étriquée pour moi. Toutes les filles du village étaient d’une manière ou une autre mes cousines (sic).

Il me fallait tôt ou tard trouver un échappatoire.

 


 

Dans le même temps, le traité d’Utrecht de 1713 installa durablement la paix dans la région après l’invasion des savoyards. Et les décennies qui s’en suivirent furent une période de prospérité et de croissance économique. L’industrie se développa et particulièrement dans le domaine des toiles, draps, filatures, tissages, etc.

 

Mon père, Jacques SALLE, était un de ces marchands qui profita de l’essor de cette industrie.

 

 

Pendant ce temps-là… 

 

Et dans le même temps, à 500 Km au Nord, le duc de Lorraine Léopold 1er installe à Nancy des manufactures de tissus, de bas de laines, de soie et de tapisseries. Il fera de Nancy la capitale du tissu. En outre, il autorise à quiconque d’exercer le métier de son choix (même s’il n’a pas fait d’apprentissage), ce qui favorisera la venue d’artisans étrangers. Rappel : il faut savoir qu’à l’époque le duché de Lorraine n’était pas sous l’autorité du Roi de France et n’appartenait donc pas à la France.

 

En 1737, la Lorraine revint tout de même dans le giron français avec l’arrivée de Stanislas Leszczyński, beau-père du roi Louis XV et nouveau duc de Lorraine.

 

Je pris alors la route de Nancy pour commencer une nouvelle vie, à 21 ans.

 


 

 

En fait, cette route vers Nancy, je ne la pris pas seul. Je partis avec mon frère Jacques et mon cousin Jean-François. Nous avions tous les trois entre 17 et 21 ans.

 

En fait, pour être exact, nous rejoignions mon frère aîné Jean et mon cousin Denis qui, déjà à l’époque (entre 1720 et 1730) avaient quitté la ville de LA SALLE, trop petite pour une famille si nombreuse. Tous deux avaient, à l’heure de mon arrivée en Lorraine, 35 ans. Ils s’étaient associés dès le début et installés à Pont-à-Mousson. Cette ville était un point d’ancrage idéale car à mi-distance entre Metz et Nancy.

 

duché de lorraine.PNG

 

 

Créateurs de manufactures textiles à Pont-à-Mousson, ils étaient devenus petit à petit également négociants en métaux.

 

Nous avions donc voulu suivre leurs pas car nous avions eu écho de leur réussite et parce que nous avions les mêmes aspirations, mais trop jeunes à l’époque de leur départ pour les suivre.

 

Cette aventure, nous l’avons donc vécu à 5 à partir de ce moment-là!

 

 

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Notre plan, notre réussite, notre ascension sociale

 

Jean et Denis avaient un plan précis pour nous. Ils voulaient couvrir la région. Aussi, ils décidèrent de prendre sous leurs ailes le plus jeune, Jean-François. Tous les trois, ils couvraient alors le Nord de la Lorraine. Sur la carte ci-dessous, la Lorraine est en jaune.

 

 

duché de lorraine

 

 

Mon frère Jacques et moi irions nous installer à Mirecourt. Là-bas, la manufacture de la dentelle prenait de l’essor et dans le domaine du textile, il n’était plus possible de faire sans Mirecourt. Et, en plus, en étant implantés dans cette ville, nous pouvions couvrir le Sud de la Lorraine (voir carte ci-dessous).

 

Vézelise ou Neufchateau étaient nos objectifs après Mirecourt. Plus tard, nous réussirons à y implanter des manufactures de textiles.

 

Malgré tout, nous nous retrouvions, de temps à autres, à Nancy pour les Affaires car notre clientèle se composait essentiellement de riches familles nancéennes parmi lesquelles notre propre famille prenait place.

 

 

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En effet, nous étions reconnus comme d’habiles commerçants par nos concurrents. Nous réussîmes une belle ascension sociale qui ne se démentira pas plus tard.

 

Nous étions reçus en bourgeois et nos descendants à tous les 5 seront membres des confréries, notables des municipalités, maires de villes de la région et même à de hauts postes de la Justice lorraine.

 

Plus tard (Premier XXe siècle), Henry Bordeaux, académicien et savoyard comme nous arguera fièrement : « Ces Savoyards, hors de chez eux, montrent d’admirables qualités de vigueur, de témérité, d’énergie et ils font honneur au pays où ils se fixent. »

 


 

Et c’est alors qu’en 1739/1740, nous rentrons dans le cercle intime des MESNY.

 

 

Les MESNY

 

C’est une grande famille de sculpteurs nancéens sur 4 générations.

Renault-Sigisbert MESNY était le sculpteur officiel du duc Léopold lorsque ce dernier était duc de Lorraine. Renault-Sigisbert était également professeur à l’Académie de Peinture et de Sculpture de Lunéville.

Mais c’est son frère, Barthélémy MESNY,  qui fut le sculpteur du roi de Pologne, Stanislas Lesczynski quand celui-ci devint duc de Lorraine. Il exécuta la plupart des sculptures des constructions ordonnées, à Nancy et à Lunéville, par ce prince.

Parmi ses oeuvres, les plus notables sont la table d’autel et le tabernacle de Notre-Dame, à Nancy.


 

 

Avec mon frère Jacques, nous acceptions souvent les invitations à dîner de Renault-Sigisbert. Surtout pour les yeux de deux de ses filles, Claudinette et Clotilde.

 

Vous vous doutez de la suite et je me mariai avec Clotilde en 1742. Quant à Jacques et Claudinette, un peu plus jeunes, ils durent attendre 1747.

 

L’union de nos deux familles a permis, à nous et à nos descendants, d’acquérir et de pérenniser une place importante en Lorraine, à tel point que les SALLE se lièrent ensuite avec les familles nobles de la région. C’est cette histoire qui vous sera racontée dans la troisième partie.

 

 

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