Guide rapide sur les six ponts de Bordeaux

 

Si vous avez à coeur ou, pire, la prétention de connaître Bordeaux, vous devez lire les lignes qui suivent.

 

Cette recherche a été menée dans le cadre de l’enquête généalogique suivante :

Comment un décès a pu changer la vie d’une famille entière ?

 

Bordeaux s’est énormément développé grâce à ses ponts et continue d’ailleurs dans cette voie-là. Alors, oui, chaque pont a participé différemment au développement économique et à l’attractivité de Bordeaux. Mais chacun d’entre eux a participé à remodeler non seulement la physionomie de la ville mais aussi le mode de vie de ses habitants. Le dernier pont en date, le pont Chaban-Delmas en est la preuve flagrante.

 

 

1. Le pont Chaban-Delmas (2013)

 

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Crédit photo © Christophe Goussard (La Cub)

 

 

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Crédit visuel © Architecture et ouvrages d’art Charles et Thomas Lavigne

 

Il s’agit du seul pont levant de Bordeaux. Et comme c’est le premier que les navires rencontrent quand ils viennent de l’Atlantique et/ou de l’Estuaire de la Gironde, il est posé sur la Garonne comme une porte d’entrée maritime sur la ville de Bordeaux.

 

Ce pont est, à n’en pas douter, le fruit d’une pensée moderne. Il a été pensé pour :

1. S’adapter aux exigences court-termistes du commanditaire, la ville de Bordeaux. Il fallait au plus vite désengorger le pont de Pierre qui était la proie des bouchons.

2. Anticiper le monde de demain. Une passerelle piétons/cyclistes séparée a été créée.

3. Créer un symbole pour la ville de Bordeaux. Comme la Tour Eiffel pour Paris.

Les rangées verticales de LED incrustées sur les pylônes du pont éclairent la nuit. La couleur de cette éclairage varie en fonction des marées : lorsque la marée est haute, on voit du bleu outremer et quand elle est basse, du vert Véronèse. Et, marque du symbole, les lumières scintillent pendant les fêtes. Comme la Tour Eiffel…

 

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Crédit photo © Christophe Goussard (La Cub)

 

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Crédit photo © Christophe Goussard (La Cub)

 

 

2. Le pont François Mitterrand (1993)

 

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Pour comprendre pourquoi ce pont a été construit, il faut remonter en 1958. A cette date, Jacques Chaban-Delmas est le maire de Bordeaux (il le sera jusqu’en 1995 d’ailleurs). Les voitures de particuliers se multiplient. Entre le 1er janvier 1950 et le 1er janvier 1960, le parc automobile français triple presque ( de 2.3 millions à 6.2 millions). L’industrie automobile ne connaîtra jamais plus une telle croissance. C’est pourquoi les édiles de toutes les grandes métropoles françaises ont dû faire face avec intelligence et maîtrise à l’arrivée massive de ces véhicules et à la création de ce que nous nommons « bouchons », aujourd’hui habituels mais à l’époque nouveaux.

 

La première constatation était la suivante : beaucoup de voitures passaient par le centre-ville et le congestionnaient sans qu’aucune autre raison que le mauvais aménagement du réseau routier n’explique ce passage par le centre-ville.

 

Aussi, il a été décidé de créer une ceinture périphérique afin que ces véhicules contournent le centre-ville et le libère. Ce projet pharaonique de 45 km autour de Bordeaux s’est étalé sur presque 30 ans au fil de la construction de tronçons, de 1967 à 1993, date de finalisation du dernier tronçon : le pont François Mitterrand qui permet de relier les deux rives de la Garonne au Sud de Bordeaux et donc les deux parties de la « Rocade » (nom du boulevard périphérique à Bordeaux institué pour ne pas la confondre avec « les boulevards » qui ceinturent le centre de Bordeaux) .

 

 

3. Le pont d’Aquitaine (1967)

 

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Crédit photo : Caruso33

 

La construction du pont d’Aquitaine constituait justement le premier tronçon de la Rocade. Sa conception marque donc le début du grand chantier de la ceinture périphérique de la ville.

 

 

4. Le pont Saint-Jean (1965)

 

Il s’agit d’un pont à poutres qui relie le quai de Paludate sur la rive gauche (près de la gare) jusqu’au quartier de la Bastide, rive droite.

Ce pont a été construit juste à côté de la passerelle Eiffel.

 

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Crédit photo : Jean-Jacques Saubi

 

5. La passerelle Eiffel (1860)

La passerelle est un pont métallique uniquement ferroviaire.

A l’époque, il n’y a pas de société ferroviaire unique qui exploite tout le territoire national comme la SNCF aujourd’hui. La Garonne constituait une frontière d’exploitation entre la Compagnie des Chemins de Fer du Midi (dont on peut toujours voir le réseau qu’elle exploitait sur la Grande Carte exposée dans le Hall de la Gare de Bordeaux St Jean) au Sud et la Compagnie du Chemin de Fer de Paris à Orléans, au Nord. Et les deux réseaux étaient étanches. Ce qui fait que les voyageurs venant du Nord devaient s’arrêter à la Gare de Bordeaux-Orléans située rive droite (Nord) puis prendre le pont de pierre ou le bateau pour rejoindre la gare St Jean située rive Gauche (Sud).

C’est pourquoi, en 1858, on décida de concevoir une passerelle reliant ces deux réseaux. En 1860, cette passerelle fut inaugurée. Ce fut le premier grand chef-d’oeuvre de Gustave Eiffel. Il avait 26 ans et il n’est pas bien difficile de voir la ressemblance entre cette passerelle et la Tour Eiffel.

 

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La Gare d’Orléans, plus tard gare Bordeaux-Bastide, perdit automatiquement des voyageurs qui ne s’y arrêtaient plus et continuaient plutôt jusqu’à la Gare St Jean. D’autant plus que le centre historique de Bordeaux et la majorité du territoire de la ville se situe rive gauche.

La Gare servit donc progressivement mais très vite tout de même au trafic marchandises jusqu’en 1990, date de son abandon définitif. Depuis, elle fut transformé en un complexe de cinémas, le Mégarama.

Aujourd’hui, depuis 2008 exactement, il existe un autre pont ferroviaire accolé à la passerelle Eiffel. Il s’agit du pont garonne construit pour faire face à la croissance du trafic et anticiper les exigences futures que demandera la LGV (Ligne Grande Vitesse qui permet de rejoindre Bordeaux au départ de Paris en 2h).

 

 

6. Le pont de pierre (1822)

Photo Bordeaux-1

 

C’est le premier pont jamais construit à Bordeaux. C’est sur ordre de Napoléon que les travaux seront entrepris :

« Pour preuve particulière de l’intérêt que nous lui portons et de notre satisfaction pour les sentiments patriotiques qui l’animent, pour le courage et la dignité avec lesquels elle supporte les privations que les circonstances imposent plus spécialement à ses habitants et à son commerce plus qu’à tout autre partie de l’empire…une somme de 350 000 francs doit être versée dans les caisses de la ville sur les fonds de 400 000 francs affectés aux travaux du pont sur la Garonne par le budget de 1807. »

Extrait du décret impérial du 25 avril 1808, Archives départementales de la Gironde (source)

 

En effet, le blocus continental a eu un impact important sur le commerce bordelais qui, par tradition et par intérêt commun, était grandement lié au commerce anglais.

 

De plus, lors de la guerre d’indépendance espagnole, l’Armée de Napoléon qui se déplaçait jusqu’en Espagne par Bordeaux avait dû franchir la Garonne par bateaux. Napoléon se rendit bien compte de l’urgente nécessité à construire un pont.

 

Le pont sera construit entre 1810 et 1822. Et il restera le seul pont à Bordeaux qui permette la circulation routière jusqu’en 1965, date à laquelle, nous l’avons vu, le pont St Jean fut construit.

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