32QC – Episode 1. L’enquête sur Emile et ses deux soeurs

Vous pouvez relire en quoi consiste le projet 32QC ici .

Voici ce que donnent les premiers résultats de l’enquête que je vais vous raconter :

Projet 32QC - Chapitre 1


Allez, l’enquête commence maintenant. Clap!

L’ancêtre qui fera l’objet de cette première enquête est donc d’Emile DEVEZE

Joseph Emile DEVEZE
N° Sosa :
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Père :
Mère :

Emile nait à Beaupréau, pas loin du Puy-du-Fou 😀 désolé pour ceux qui habitent dans le coin mais c’est ma vision parisienne/bordelaise ça.

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Beaupréau c’est une sous-préfecture du Maine-et-Loire avec plein de Bellopratains dedans en fait. Les Bellopratains, ce sont les habitants de Beaupréau et rien que pour ce drôle de gentilé, je le réécris. Bellopratains. Dans notre histoire, Emile a dû vivre à Beaupréau au moins jusqu’à sa majorité ou son émancipation. Il peut difficilement en être autrement ; pendant cette période, ses parents demeurent à Beaupréau. Ils ont d’ailleurs une belle bijouterie dans le centre. Mais, en généalogie, j’ai souvent appris à mes dépens qu’il ne fallait pas faire de déduction hâtive. Disons que c’est une simple conjecture.

Conjecturons donc!

Il est peut-être resté à Beaupréau jusqu’à sa majorité mais alors, dans ce cas, il a décampé bien vite : je n’ai jamais vu sa belle signature sur un acte établi à Beaupréau. Sa famille entière a connu des événements à Beaupréau mais il semblerait que cela se soit toujours fait en l’absence d’Emile.

Je retrouve le petit bonhomme tranquillement à Bordeaux, vingt huit longues années après sa naissance. Boum! Comme ça! Il apparaît de nulle part sans même une explication.

acte de mariage - 22 février 1879 à Bordeaux.PNG

acte de mariage - 22 février 1879 à Bordeaux - Partie 2.PNG

Vous remarquerez qu'il signe J.Devèze comme "Joseph Devèze" car il avait les deux prénoms "Joseph Emile" mais il se faisait plutôt appelé Emile dans l'intimité.
Au-dessus M. Bréchet pour "Marie Bréchet"

C’est avec une tendresse de descendant que je lis qu’il se marie donc à Bordeaux avec Marie Bréchet (« Eh Bréchet! »)

h-brchet-.jpg

Pour la petite histoire, c’était une blague de mon arrière-grand-père lui-même (Hé, Bréchet! = ébréché) Mon arrière-grand-père a connu Marie Bréchet, c’était sa grand-mère et il avait 31 ans quand elle est décédée. C’est fou, ça me donne des frissons de me dire que j’ai connu mon arrière-grand-père qui a connu sa grand-mère née en 1854.

Je digresse mais nous nous retrouvons avec une question qui reste sans réponse :

Quand Emile est descendu à Bordeaux et pour quelle raison?

giphy (2).gif

Ok Béa, calme toi. Je vais quand même tenter d’y répondre.

Sur son acte de mariage, il est professeur, soldat de la réserve.

Une première piste serait donc d’imaginer son affectation éventuelle à Bordeaux pour y être professeur.

professeur lycée XIXe siècle

Une seconde piste serait de supposer que son service militaire l’ait amené à Bordeaux.

service.jpg

Un document qui pourrait m’aider à creuser cette piste serait l’équivalent du dossier de son service militaire : en vrai, sa fiche militaire de la classe de 1870 de Beaupréau. 1870 parce qu’à l’époque 90% des hommes commençait leur service militaire à l’âge de 20 ans, d’où mon hypothèse qu’il était de classe de 1870 (Emile est né en 1850).

Malheureusement, le registre n’est consultable que sur place et il m’est impossible pour le moment de me rendre aux Archives Départementales du Maine-et-Loire à Angers. Mais je me note cette recherche dans ma liste des recherches à effectuer.

Parce que, oui, je ne peux pas vous donner la réponse du coup 🙁


Emile et Marie n’ont eu qu’un fils, Gabriel Devèze, mon arrière-arrière-grand-père dont on m’a déjà beaucoup parlé (j’ai même la photocopie de son livret de famille) mais là commence surtout le début d’une histoire familiale plus intime que je préfère laisser pour le moment à ma famille proche. Alors je passe.


Viennent ensuite les 2 soeurs aînées d’Emile. L’aînée, Caroline Devèze ; la cadette Pauline Devèze. Ces deux soeurs sont restées à Beaupréau.

Marie Caroline DEVEZE
N° Sosa :
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Père :
Mère :

Comme son frère Emile plus tard, elle se marie à 28 / 29 ans. Elle est sans profession lors de son mariage. Mais une chose m’intrigue.

Oui, une chose m’intrigue…

giphy (1).gif

(une chose que j’ai repérée d’ailleurs en relisant l’acte de mariage de Caroline spécialement pour écrire ce billet. Sans cette relecture, je n’aurais jamais repéré cette phrase qui a son importance. Et si j’ai relu cet acte c’est parce que je me suis dis « tiens je vais re-regarder cet acte, de toute façon je l’ai dans ma nouvelle banque d’actes numérisés alors autant en profiter ». Et là, bingo!)

Quelle chose m’intriguait donc ?

A son mariage, Caroline « demeure de fait à Beaupréau et de droit à Angers »

Cela signifie qu’elle habitait à Beaupréau dans les faits.

Mais qu’en droit, c’est-à-dire pour l’Etat (état civil, recensement, liste électorale, etc.) elle habitait à Angers.

Mais que faisait-elle à Angers ?

Alors, je cherche. En pareil cas, je cherche avant tout des personnes de l’entourage qui habiteraient à Angers. Ce qui fonctionne souvent, c’est de regarder parmi les témoins qui assistent aux grands événements de la famille.

Donc je compulse les actes de naissances des soeurs, leurs actes de mariage, l’acte de mariage des parents, etc.

Et….

Bingo!

Je trouve parmi les témoins de mariage de la soeur Pauline en 1866 (soit 7 ans avant) un nom associé à la ville d’Angers :

giphy (4).gif

Les Visiteurs, une grande source d'inspiration :D

Désiré-Napoléon Poreau, propriétaire à Angers, soixante ans, cousin de l’épouse

C’est un cousin! Un cousin de Pauline ; et de Caroline donc! Il a sûrement permis à Caroline d’avoir un emploi à Angers, un temps, le temps de trouver un mari. Cette piste est fort probable même si elle reste à confirmer.

Mais surtout, ce qui est problématique pour moi, c’est que ce cousin du nom de Désiré-Napoléon Poreau, je ne le connais pas ! Alors je me demande quel est le lien exact entre Caroline et Désiré-Napoléon.

Quel est la place de ce dernier dans l’arbre généalogique de la famille ?

Voici un schéma pour comprendre où il pourrait bien se placer dans l’arbre généalogique :

Cousins Caroline Devèze 3.png

Premier point de mon raisonnement :   son nom n’est pas Devèze donc Désiré-Napoléon Poreau ne peut pas être le fils d’un oncle Devèze. C’est exact?

Son nom n’est pas non plus Saussay comme la mère de Caroline. Donc Désiré-Napoléon n’est pas le fils d’un Oncle Saussay. Encore juste ?

Aussi, si c’est un cousin germain, c’est forcément le fils d’une tante. Une tante Devèze ou une tante Saussay.

Le même raisonnement s’applique pour les grands-parents et les arrières-grands-parents.

C’est pourquoi Désiré-Napoléon est forcément le fils d’une tante, d’une grande-tante ou d’une arrière-grande-tante qui se serait mariée avec un Monsieur Poreau.

D’où les 6 possibilités représentées par les carrés en orange sur le schéma.

schéma que je remets ci-dessous


Cousins Caroline Devèze 3

La tante en question pourrait très bien être la soeur du Père Devèze, la soeur de n’importe quel autre grand-parent ou de n’importe quel autre arrière-grand-parent mais pour plus de lisibilité je ne l’ai pas indiqué sur le schéma. 


Deuxième point : Désiré-Napoléon a soixante ans donc il serait plutôt de la génération des parents de Caroline ou celle de ses grands-parents. Donc il se placerait plutôt dans un des trois carrés les plus hauts. Ici ce n’est qu’une supposition ; c’est, en tous cas, la piste la plus probable.

Troisième point : il faut donc chercher les soeurs des grands-parents ou, moins probable, les soeurs des arrières-grands-parents pour trouver le lien qui exact qui rattache Désiré-Napoléon Poreau à Caroline Devèze.

Alors, promis, pour le prochain billet, je chercherai ses fameuses soeurs… Finalement ce projet 32QC me fait remonter encore plus haut dans l’arbre. Mais je ne résiste vraiment pas au désir de savoir 🙂


Et si vous n’avez pas compris le raisonnement qui peut être ardu, je le conçois, demandez-moi une plus longue explication, soit dans les commentaires soit en m’envoyant un mail à stanislas@doujeviens.fr


Caroline s’est donc mariée avec Théophile HUET et de ce couple, je n’ai trouvé qu’une fille, Juliette HUET, décédée à 78 ans à Nantes. A ce jour, je ne lui ai pas trouvé de mariage ni d’enfant d’ailleurs.

Mes recherches pour cette branche s’arrête donc là pour le moment. Mais il y aura une suite, je le sens 😉

Ce qui demeure intéressant pour la suite c’est l’époux de Caroline. Il est sculpteur comme le mari de sa soeur cadette Pauline.

Pauline Joséphine DEVEZE
N° Sosa :
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Père :
Mère :

Pauline est bijoutière lors de son mariage. Elle doit très certainement aider son père. Mais est-ce qu’au XIXe siècle le métier de bijoutier et de sculpteur étaient liés ou les deux soeurs Devèze ont fait connaissance des deux sculpteurs par un tout autre biais?

Une autre hypothèse serait donc de se dire que Hyppolite, l’époux de Pauline, aurait présenté un de ses amis à sa belle-soeur toujours célibataire à 25 ans passés. Et son ami était en réalité plus un collègue donc sculpteur aussi.

Qu’en pensez-vous?

Du couple Pauline / Hyppolite GAUTRON, j’ai trouvé quatre filles.

Les QUATRE soeurs GAUTRON – Décidément, beaucoup de filles dans cette famille 😀

-Pauline GAUTRON

-Berthe GAUTRON

-Marguerite GAUTRON

-Maria Céline GAUTRON

Photographiez bien ces QUATRE noms

La benjamine Maria Céline se marie avec Henri CORMEAU, célèbre publiciste de la région.

Vous pouvez lire ici un article du Courrier de l’Ouest. Un professeur de lettres et un ancien journaliste lui ont consacré un ouvrage.

En parlant de son oeuvre :  » [Henri CORMEAU], à la manière d’un ethnologue et d’un linguiste, a retranscrit scrupuleusement le vécu et le parler d’ici en collectant mots, dictons, anecdotes et chansons d’époque. »

A 28 ans, Maria meurt.

Mais de quoi meurt-elle ?

On ne sait pas mais……

Henri se remarie 16 ans plus tard, avec la nièce de sa femme décédée.

Il s’agit de la fille d’une autre des QUATRE soeurs GAUTRON.

Henri se marie donc en deuxième noce avec Suzanne, la fille de Berthe GAUTRON.

Henri CORMEAU.PNG

Sauf que Suzanne meurt aussi prématurément, à l’âge de 32 ans.

Et Henri meurt quatre ans plus tard. Sans enfant, sans descendance.

Haaaaaaa, la vie d’artiste… Peut-être de vrais Kurt Cobain 🙂


Reste Pauline et Marguerite GAUTRON

Commençons par Marguerite.

Marguerite se marie avec Constant, un sculpteur, comme son père. A ma connaissance, ils n’eurent qu’une fille, Marguerite CHANOINE.

Je les retrouve tous les trois sur l’acte de mariage de Marguerite fille.

Elle se marie à 18 ans à Paris où elle se trouvait déjà avec ses parents.

Mais depuis quand se trouvent-ils tous à Paris?

Marguerite fille est née en 1893 à Beaupréau et elle se marie en 1911.

Donc la famille est parti de Beaupréau entre 1893 et 1911.

A ce moment-là, cette branche se coupa du reste de la famille comme le fit quelques décennies auparavant l’oncle Emile Devèze en partant à Bordeaux.

Deux questions demeurent : quand exactement sont-ils partis de Beaupréau et pourquoi?

C’est parti pour l’enquête

Je retrouve Constant, témoin d’une naissance datant du 29 avril 1894 à Beaupréau. Ils ne sont donc pas partis tout de suite après leur mariage. Mais je ne suis avancé que d’un an, ce qui est maigre mais déjà pas mal, on ne va pas bouder son plaisir 🙂

Je note dans mon cahier de recherches que je dois creuser un peu plus sur l’année de départ pour Paris qui doit être entre 1894 et 1911.

Revenons sur le mariage de Marguerite Chanoine plutôt. J’ai une bonne et une mauvaise nouvelle. Je commence par laquelle?

Allez, la bonne nouvelle : elle s’est mariée avec Paul Amand Maxime MALCOURONNE

C’est génial !

Mais pourquoi c’est génial au fait ?

Parce que des MALCOURONNE, il y en a très peu à Paris. Mais genre vraiment très peu.

Et maintenant la mauvaise nouvelle : j’ai trouvé un seul MALCOURONNE dans le XIVe arrondissement né en 1914. Le problème c’est que seules les tables décennales sont accessibles en ligne. Donc aucun moyen pour le moment de prouver véritablement la filiation.

acte de naissance - le 12 novembre 1914 à Paris14.PNG

Bref-Info généalogiste : une table décennale est un registre, un livre quoi, qui récapitule sous forme de liste TOUS les actes (naissances, mariages et décès) par ordre alphabétique de patronyme (nom de famille) sur 10 ans.

Les seules informations que nous y trouvons donc sont, comme vous pouvez le voir ci-dessus, le nom, les prénoms et la date (de naissance, de mariage ou de décès).

Un exemple avec la table décennale du 9e arrondissement de Paris des années 1903 à 1912. Ici, il s’agit des naissances à la lettre L.

exemple table décennale.PNG

Bref, et du coup, la branche s’arrête ici.

Paul Amand Maxime meurt en 1971 et Marguerite CHANOINE meurt en 1987 et l’âge honorable de 95 ans. Tous deux à Paris.


L’aînée des soeurs GAUTRON : Pauline se marie avec Auguste CHADEFAUX. J’ai trouvé deux garçons pour ce couple : Octave et Paul.

Octave nait en 1891. Paul en 1894.

Tiens, tiens, des années de naissance (années 1890) qui déclenchent chez moi comme un réflexe : les jeunes partis pour la Première Guerre Mondiale sont nés justement dans les années 1890.

Du coup, je m’empresse de regarde leur fiche matricule pour en savoir un peu plus sur leur participation à la Première Guerre Mondiale et surtout pour connaître leur devenir.

Octave CHADEFAUX ou CHADEFAUT

Petit aparte : L’orthographe des noms de famille n’importait pas autant qu’aujourd’hui. Car il ne faut pas oublier que pendant des siècles la plupart des gens ne savaient pas écrire : la transcription et la transmission des noms de famille se faisait donc surtout par l’oral. Cela donc ne dérangeait pas grand monde d’écrire « Chadefaux » ou « Chadefaut ». A l’oral, c’est la même chose.

registre militaire annuel - Angers classe 1911 - n°1174.PNG

Son numéro de matricule est le 1174. Et le registre nous indique que nous pouvons trouver sa fiche dans le tome 3 de l’année 1911 (année durant laquelle il a atteint ses 20 ans).

Je cherche, je cherche et je trouve…

fiche militaire.PNG

On apprend qu’il est exempté de service militaire ainsi que de la première guerre mondiale pour faiblesse générale sans qu’on en sache plus sur la nature de cette « faiblesse ».

Paul CHADEFAUX

registre militaire - Angers - Classe 1914 - numéro 1054.PNG

Ok, donc je cherche la fiche n°1054 dans le registre de la classe de 1914 d’Angers (Paul est né en 1894).

Voici les extraits issus de la numérisation des Archives Départementales du Maine-et-Loire :

Fiche militaire - 1.PNG

Fiche militaire - 2.PNG

Fiche militaire - 3.PNG

Fiche militaire - 4.PNG

Fiche militaire - 5.PNG

Fiche militaire - 6.PNG

Donc oui, vu le pavé écrit sur cette fiche, on peut se douter que Paul a participé à la première Guerre Mondiale. Je vais vous déchiffrer et vous résumer ce qu’il est inscrit sur sa fiche.

Comme beaucoup de jeunes de la classe de 1914, Paul arrive sur le terrain de Guerre en décembre 1914.

Le 28 octobre 1915, on évacue Paul pour un abcès de la main. Il n’est pas dit de quelle manière il s’est fait ça. Sa convalescence prend fin le 6 décembre suivant et dura donc un peu plus d’un mois.

Seulement, du 21 juin au 15 septembre 1916, une grande fatigue générale avec fièvre le cloue au lit pendant trois mois.

Et le 31 juillet 1917, il est évacué définitivement cette fois. Il a une sclérose du sommet droit non imputable au service, nous dit-on. Ce qui signifie que Paul était atteint d’une fibrose pulmonaire (lésions des poumons)1. Les conséquences ? Une insuffisance respiratoire chronique.

La cause ? On ne la connaît pas. En tout cas, on nous précise bien que ce n’est pas à cause de la Guerre. Bactérie ? Virus? Tuberculose? Autre?… Les réponses plausibles sont multiples…

Aussi, à partir d’août 1917, Paul sera au service auxiliaire.

Le service auxiliaire représentait les hommes en moins bonne santé qui ne pouvaient faire un service actif dans l’armée mais qui étaient quand même soumis au service militaire. Ils pouvaient être employés dans les hôpitaux, à la réparation du matériel, à la construction des bâtiments militaires, dans l’exploitation des voies ferrées ou des lignes télégraphiques …2

En fait, Paul sera considéré à la fin de la Guerre comme étant handicapé à hauteur de 10%. En plus de ses problèmes respiratoires, Paul fait un peu de tachycardie et son état général est médiocre.

Ici le terme est faible. Paul fait de l’anémie : 49kg pour 1m72. J’aurais plutôt appelé ça « pronostic vital engagé ». Mais bon..

Pourquoi fait-il de l’anémie ?

On peut imaginer, comme sa tachycardie, que c’est la conséquence directe d’un stress post-traumatique. Mais à l’époque, on ne connaissait pas donc on n’avait pas de nom pour ça. Je vous propose ci-dessous un extrait d’un article écrit pour le magazine « ça m’intéresse » et qui s’intitule « Les traumatisés des tranchées » 3 :

« Après la Grande Guerre, des milliers de soldats souffrent de graves troubles psychiques.

En 1917, un médecin rapporte au sujet d’un de ses patients : « il ne dort plus, ne mange plus, s’anémie et dépérit. Il a peur. Il gémit, tressaille aux bruits, se cache. Se répétant en lui-même, à chaque sifflement d’obus : celui-ci est pour moi. » Mais de quel mal souffre-t-il ? D’une « obusite ». C’est ainsi qu’à l’époque on nomme le syndrome post-traumatique de ceux qui rentrent des tranchées. La guerre de 14-18 a causé la mort de près de 10 millions de militaires. Un combattant français sur six a été tué, un sur trois blessé. Mais ces chiffres vertigineux font oublier les nombreuses victimes sur lesquelles la guerre a laissé des cicatrices invisibles. Celles qui continuaient à entendre siffler des obus même quand il n’en pleuvait plus. »

Mais ce n’est pas pour autant que Paul ne se marie pas. En 1927, Henriette GABORIT devient sa femme. Il mourra tout de même à l’âge de 64 ans.

Je n’ai trouvé qu’une fille issue de leur mariage : Marie-Paul CHADEFAUX qui elle-même s’est mariée avec Jean-Claude et ont eu deux enfants : Marie-Claude et Frédéric.4 Ce sont les deux seuls cousins contemporains que je connaisse, issus de la branche Devèze.

Mais je suis sûr qu’à l’aide de mes amis généalogistes, j’en trouverai beaucoup d’autres 🙂

Projet 32QC - Chapitre 1

 


Epilogue : 

J’ai bien conscience que le but recherché est ici à moitié atteint car il me manque, par exemple, beaucoup de dates de décès ou bien une liste réellement exhaustive des recherches à effectuer.

Il faut dire aussi que l’objectif est énorme et que ce projet s’étalera sûrement sur deux ans.

C’est pourquoi il y aura une suite à ce Premier Chapitre sur mon AAAGP Emile Devèze. Cette suite sera composée de ce qu’il manque au présent billet ainsi que des remarques et retours que mes collègues généalogistes me feront. Les impressions de tous les lecteurs seront les bienvenues, j’aime savoir si ce que j’écris peut être accessible pour tous.

Ce sera l’occasion de réfléchir à la manière dont je pourrais améliorer la tenue de ce projet. Car mon but sera aussi que les résultats soient de meilleure qualité et l’avancée du projet de plus en plus rapide.

La suite de l’enquête : 32QC – Episode 2. Emile, ses deux soeurs et son COUSIN

FIN


Sources : 

https://forum.pages14-18.com/viewtopic.php?t=40706

2 https://apprendre-genealogie.fr/utiliser-les-archives-militaires-comprendre-le-service-militaire/

https://www.caminteresse.fr/histoire/les-traumatises-des-tranchees-1181226/

4 https://gw.geneanet.org/rognerudmichel?lang=fr&pz=michel+robert&nz=rognerud&ocz=0&m=D&p=paul+hypolite+alexandre&n=chadefaux&siblings=on&notes=on&t=T&v=6&image=on&marriage=on&full=on

5 commentaires

  1. Virginie Répondre

    Génial ! Le ton, le suspense, les détails de tes recherches, la pédagogie… on avance avec toi et on est impatient de la suite avec toi ! Continue

  2. Briqueloup Répondre

    Voilà un point de vue qui me plait beaucoup. En découvrant l’étendue de cette recherche, dois-je avouer que j’ai craint des longueurs… Pourtant, j’ai lu avec plaisir ces recherches rigoureuses, réfléchies et solides, grâce au style pétillant, et plein d’humour. Non seulement je ne me suis pas ennuyée un seul instant, mais cela m’a donné envie d’ouvrir mes arbres pour voir ce que j’aurais fait avec mes ancêtres. 🙂

  3. Annmearie Répondre

    très bien écrit et intéressant à suivre
    en même temps méthode de recherche rigoureuse qui porte ses fruits
    merci

  4. Murielle Mestreau Répondre

    Bonjour Stanislas,
    Enquête passionnante comme toutes nos recherches.
    Sans vouloir vous induire en erreur, il existe sur Ancenis (44) le 30.04.1827 (acte n°11 page 6) le mariage entre Désiré Aimé Napoléon POREAU et Pauline CLERC. Il était bijoutier et né le 05.07.1806 : je trouve qu’il pourrait correspondre au cousin…
    Comment ? à vous de voir !
    Continuez vos billets que je prends plaisir à lire.
    Murielle (@Girondegenea)

  5. FOUGERAY Répondre

    Bravo pour cette enquête approfondie et l’article qui la restitue. Lecture passionnante. Une source d’inspiration que j’aimerais pouvoir appliquer à ma propre généalogie. Vivement la suite de ce beau projet !

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