Ce que N’EST PAS la Psychogénéalogie, en 4 points

Savoir ce que c’est, OK. Savoir ce que ça n’est pas permet de balayer définitivement tous les a priori qu’on pourrait avoir sur cette discipline. La liste n’est pas exhaustive, certes. Mais elle a le mérite d’exister. Voici donc ce qui m’a semblé important de dire sur ce que n’est pas la Psychogénéalogie.

Et vous, auriez-vous des suggestions à apporter sur cette liste ? La voici. 

 

 

 

1. La Psychogénéalogie n’est pas le remède miracle

 

La Psychogénéalogie est une démarche qui demande beaucoup de courage mais surtout beaucoup de vigilance, de prudence et de discernement.

Car il ne faut pas céder à la tentation de croire que tout est dû et tout s’explique par la Psychogénéalogie. C’est faux. La Psychogénéalogie sera souvent une partie de la réponse. Une partie importante et indéniablement crucial. Mais une partie tout de même.

 

La Psychogénéalogie n’est pas un tour de passe-passe 🙂

 

 

Nous ne pouvons pas mettre tout sur le dos de la Psychogénéalogie. Il ne s’agit là ni d’un remède miracle à tout ce que nous éprouvons de mauvais. Il ne s’agit pas non plus d’un moyen facile de se dédouaner et de tout mettre sur le dos de sa famille ; quand souvent nous avons une part de responsabilité.

Pas facile à accepter et pourtant, la Psychogénéalogie par sa nature nouvelle nous oblige à faire la part des choses. Et c’est très bien! Car comme c’est nouveau,  nous sommes obligés de prendre ces nouveaux concepts avec des pincettes et de rester sur nos gardes. Mais du coup nous restons sur nos gardes pour nous et nous restons méfiants également envers nous-mêmes, ce qui est la meilleure des choses pour faire la part des choses.

En somme, nous sommes obligés de nous demander

« mais le problème ne viendrait-il pas de moi? »

 

 

Puis

« Bon, d’accord, mon grand-père a fait subir ça à mon père, ce qui s’est répercuté sur moi de cette manière. Mais aussi, j’aurais pu adopter une attitude différente. D’accord, c’est leur faute mais je dois accepter la situation, leur pardonner mais maintenant que je sais tout ça, si je ne fais rien pour y remédier, cela deviendra ma faute aussi »

Et puis l’environnement autre que familial peut aussi expliquer les problèmes intérieurs que nous avons. Ne nous cachons pas que :

« nous sommes aussi les enfants de notre siècle, et donc fortement conditionnés par notre époque et par la génération à laquelle nous appartenons. Les baby-boomers, nés au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, ont des caractéristiques communes très marquées, tout comme en ont leurs enfants, les quarantenaires d’aujourd’hui »

Nathalie Chassériau-Banas

 

La Psychogénéalogie est donc un outil parmi d’autres à utiliser :

Au mieux parmi les autres outils de développement personnel

Au pire pour trouver le déclic qui fera comprendre un symptôme qu’on aura du mal à expliquer sans la Psychogénéalogie.

Mais surtout ne pas penser que la Psychogénéalogie répondra à toutes nos questions, en toutes circonstances. Il s’agit simplement d’un outil parmi tant d’autres, d’une vision du Monde parmi tant d’autres, d’une manière d’expliquer en complément de tant d’autres.

Pour finir sur ce sujet, ne pensons pas non plus que la Psychogénéalogie serait la nouvelle caution d’un déterminisme humain qui parcourait les générations. Non, ce n’est rien de tout cela ; sûrement pas une théorie qui voudrait que les hommes devraient reproduire à l’infini les soucis de leurs ancêtres.

Au contraire, la Psychogénéalogie permet de casser les répétitions pour retrouver ce qui constitue notre singularité la plus profonde.

 

2. La Psychogénéalogie n’est pas pour les impatients

Ce n’est pas automatique. Ce n’est pas non plus immédiat. Une fois que nous avons trouvé ce qui ne va pas et surtout pourquoi s’en suit un travail et tout un processus qui met forcément du temps avant d’arriver à la guérison la plus complète, en tout cas autant qu’elle peut l’être.

Que ce soit le temps de :

  • digérer un secret (envers soi-même et envers les autres membres de la famille)
  • D’analyser son génosociogramme (son arbre généalogique) et de décrypter « ce qui ne va pas »
  • D’adopter l’attitude et le comportement au quotidien avec le volonté de changer dans le bon sens

Tout cela prend du temps et comme la famille est sans cesse en mouvement (mariages, naissances, etc.) l’équilibre change continuellement et donc l’analyse psychogénéalogique ne s’arrête jamais, même si elle devient de plus en plus facile à mener.

Les familles dans lesquelles des soucis sont à résoudre et à régler, l’équilibre est encore plus précaire : la famille est comme un château de carte et le membre qui tente une approche psychogénéalogie est comme une carte qui se redresse. Dans ce cas, c’est tout le château qui menace de s’effondrer et le processus doit être mené progressivement sur les cartes maitresses.

 

 

 

 » La vie d’une personne n’est pas ce qui lui est arrivé. Mais ce dont elle se souvient et la façon dont elle s’en souvient  »

Gabriel Garcia Marquez

 

C’est pour cette raison également que la Psychogénéalogie ne peut pas être pour les impatients. Car une fois qu’on a découvert la réalité (génosociogramme / arbre généalogique) et que nous l’avons analyser, il faut poser une dernière grille de lecture : celle de l’inconscient, celle des souvenirs, celle de la mémoire qui sélectionne, qui cache et qui réapparaît inopinément.

 

3.  La Psychogénéalogie n’est pas une science applicable à toutes les situations et à tous de la même manière

Eh oui, c’est pour cela que vous vous apercevrez très vite qu’en psychogénéalogie on ne peut jamais prendre la mémoire familiale au pied de la lettre. Car la réalité est toujours biaisée par cette mémoire qui déforme.

 

 

Evidemment, ce que vous diront les membres de la famille pour participer à la construction de votre génosociogramme / arbre généalogique vous sera d’une aide précieuse et vous donnera des pistes à explorer et qu’il faudra dans la plupart du temps appuyé par des preuves solides. Car vous vous apercevrez très vite que toute famille a sa légende auquel chacun croit dur comme fer, patinée par les générations successives jusqu’à ne plus ressembler à la réalité. Et ce n’est parfois pas un mal en soi. Il peut s’agir d’une technique inconscient de se créer une réalité à nous qui nous protège de la réalité des autres, une histoire personnelle et familiale qui empêche la famille de ressentir un mal-être inutile (légende sur la position sociale, légende sur une caractéristique dite connue dans la famille, etc.). Le problème c’est qu’il arrive que ce genre d’histoire finisse par ne plus protéger à partir d’un descendant car le mal est passé, l’époque n’est plus la même, etc. Et par conséquent, il faut redécouvrir la réalité pour créer sa propre histoire.

Donc la Psychogénéalogie n’est pas une science exacte : c’est la science propre à chaque famille. C’est important de le souligner car il ne faut pas croire qu’il y a une réponse possible ou une manière de trouver la réponse en psychogénéalogie. Non, tout part de l’analyse et surtout le membre descendant qui s’intéresse à la Psychogénéalogie sera le seul à ressentir à travers lui les sentiments et les émotions de sa famille qu’il découvre. Et ce sera donc lui seul qui pourra construire sa Psychogénéalogie qui deviendra sa science à lui.

 

 

4. La psychonologie n’est pas un horoscope. Elle ne vous trouve pas de modèle

Le résultat de la Psychogénéalogie est tellement unique et personnel qu’on ne peut même pas se dire que nous sommes la photocopie d’un ancêtre dont on devrait suivre la route si on veut trouver le bonheur. Non, ce n’est pas comme cela que ça marche. Même s’il arrive d’entendre qu’un tel ressemble tellement à tel autre de la famille (frère, ancêtre, etc.), il faut bien se dire qu’il s’agit souvent d’une projection des autres sur cette ressemblance et parfois une projection de soi-même sur l’autre membre de la famille en question. Et ces projections sont plus le reflet de ce en quoi on croit que le reflet de la réalité.

Car tout le monde est unique et personne n’est la photocopie d’une autre. C’est aussi pour cette raison qu’on ne peut jamais remettre la faute sur un ancêtre qui nous aurait « refilé » sa maladie ou sur tel « parent » qui ne nous aurait pas aidé non plus à nous sentir bien. Non, la Psychogénéalogie n’est pas et ne sera jamais un moyen de remettre la faute sur l’autre : nous sommes seuls responsables de ce qui nous arrive, des malheurs et des bonheurs, mais évidemment pas les seuls à y avoir participer.

 

La Psychogénéalogie n’est pas un horoscope. Ce n’est ni un remède miracle, ni une solution instantanée, ni une science qu’on pourrait appliquer de la même manière à tous. En plus, c’est une discipline nouvelle. Qui prend de l’ampleur parce qu’on se rend bien compte qu’elle est efficace et parce qu’elle est reliable à plein de domaines de développement personnel qui prennent eux-mêmes de l’importance comme la communication non violente ou la pleine conscience.

 

Pensez-vous qu’il y a d’autres choses que la Psychogénéalogie n’est pas ?

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