Quand les schémas familiaux se répètent

 

Vous avez remarqué des répétitions flagrantes dans votre famille ? Des dates, des prénoms, des métiers, des comportements ? Des maladies même ?

Regardons ce qui se cache derrière ces répétitions…

 

1. Répétition de dates

C’est ce qu’on appelle en psycho-généalogie : le syndrome anniversaire.

 

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Je vais commencer par une anecdote qui m’avait frappé : un jour, une dame arrive à une séance de psy et raconte son histoire.

Elle avait trente-trois ans et elle était frappée par une maladie pulmonaire très grave. Elle raconta au psy que, comme par hasard, son grand-père était mort d’un cancer des poumons à l’âge précisément de trente-trois ans.

Sa mère était alors petite (4 ou 5 ans). Elle avait alors été traumatisée par cette perte.

En creusant, au fil des séances, cette dame s’est rendue compte que ce trauma « suintait » de tous les comportements maternels de la mère (amour, tendresse, etc.) auprès d’elle. Inconsciemment, elle avait cet héritage en elle sans le savoir.

D’où la répétition. Etrange, non?

Ce qui est encore plus étrange, c’est qu’à la révélation de cette « évidence », la patiente n’avait plus le poids de cette perte. En la découvrant, il n’y avait plus de raisons inconscientes d’avoir cette maladie.

D’ailleurs, quelques jours après, la patiente annonça lors de sa dernière séance de psy qu’elle n’était assurément plus malade.

Personne n’aurait cru que des séances de psycho-généalogie l’aurait guérie. Même pas la patiente elle-même.

 

 

2. Répétition de maladies

 

Le développement de cette maladie des poumons est une manière de rappeler à sa mère cet être cher afin d’avoir toute l’attention de la mère qui, selon elle, elle ne pouvait avoir l’attention, l’amour et la tendresse de sa mère que si c’était en rapport avec son grand-père.

C’est le « je te le rappelle »

 

Source : Quelle est votre dynamique familiale ?

– « je te le rappelle » est souvent lié à des maladies bénignes. Un problème de peau, un asthme, l’allergie rappellent un partenaire précédent du père ou de la mère. Des maladies telles que acouphènes, scléroses, paralysies, problèmes de vues rappellent des oncles, des tantes, des grands-parents atteints de la même maladie, sourds ou aveugles.

– « je te suis » est plus dangereux. Ainsi, une personne qui a perdu un frère peut avoir des accidents pour le rejoindre. Certains fument plusieurs paquets pour rappeler un père mort grand fumeur. Freud a développé son cancer de la mâchoire après le décès de sa fille.

– « Moi, à ta place » est la dynamique la plus enfantine. « Si je meurs, je vais te sauver », le sacrifice ultime et inutile. Il est illustré par le film « Breaking the waves » de Lars von Trier dans lequel la femme d’un homme dans le coma se prostitue pour qu’il revienne à la vie. Dans le film, cela fonctionne. Cette dynamique fascine l’enfant qui se croit tout puissant. Elle est souvent présente lors des troubles alimentaires comme l’anorexie, quand la fille veut mourir à la place du père.

A côté de ces 3 dynamiques existe un comportement expiatoire. Au lieu de prendre la responsabilité de son acte, l’on préfère souffrir pour alléger la peine d’autrui. « J’expie » C’est ce que fait croire la prison : en expiant, je rend la dignité à la victime. C’est tout le contraire dans la justice restauratrice….

 

Alors évidemment, si c’est une maladie héréditaire, cette répétition est directement liée à l’ADN.

 

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D’accord.

Mais pas seulement !

Toutes choses étant égales par ailleurs, 85% de nos gènes peuvent être modifiés par l’environnement, la manière de manger, etc. C’est ce qu’on appelle l‘épigénétique.

Si la maladie est liée aux 15% de l’ADN non modifiable, la maladie restera héréditaire. Et ici, nous faisons appel à la généalogie médicale pour comprendre un peu plus.

Exemple : tel ancêtre avait la même maladie et il avait réussi à se soigner partiellement par telle technique. Par conséquent, d’après la généalogie médicale, les mêmes forces sont en jeu chez moi donc si j’applique la même méthode, je devrais pouvoir moi-aussi être partiellement guéri.

Et caetera, et caetera…

 

 

3. Répétition de prénoms

La répétition en psycho-généalogie, c’est aussi la répétition des prénoms.

Pour une analyse plus approfondi des prénoms en psycho-généalogie : Prénoms – Je vais vous dire qui a raison !

 

Le choix d’un prénom correspond la plupart du temps à un projet.

Un projet social, familial ou même uniquement parental.

Quand un prénom se répète, le projet est clairement affiché comme s’inscrivant dans une continuité familiale.

Exemple : un père qui donne à son fils aîné le même prénom. Signification : « Mon fils, tu seras le prolongement de mon être après ma mort : même prénom, même métier, etc. »

 

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Autre exemple : des parents ont pu donner à leur enfant le prénom d’un oncle qui venait de décéder. Pour que son souvenir se perpétue en lui.

 

 

 

4. Répétition d’un métier

 

La répétition d’un métier peut donc être décidé dans le cadre d’un projet familial ou parental.

Parfois c’est directement le projet inconscient de l’enfant. C’est ce qu’on appelle en psycho-généalogie : la loyauté de l’enfant.

 

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Le tout premier exemple trouvé et étudié en psychogénéalogie est celui de l’instituteur au début du XXe siècle.

On a remarqué que des étudiants à l’Ecole Normale se sabotaient littéralement lors des examens. Ce sabotage paraissait être inconscient plus que volontaire.

La raison en est la suivante : souvent, les futurs instituteurs étaient issus du milieu rural ; leurs parents étaient agriculteurs, cultivateurs, laboureurs, etc.

S’éloigner du niveau social de sa famille d’origine aurait été vu implicitement par tous comme une trahison. D’où l’impérieux besoin inconscient de ne surtout pas devenir instituteur… finalement. Ce qui est bien dommage pour ces jeunes gens.

 

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Parfois aussi, l’enfant reproduit le schéma professionnel parce qu’il s’y retrouve pleinement. Parce qu’aussi on lui a inculqué les techniques, les valeurs ou encore le savoir-faire de ce métier.

Une répétition peut donc être choisie sans que ce soit un problème.

Toutefois, évidemment que cela nous échappe aussi parfois…

 

 

5. Répétition de comportements

 

Deux grosses tendances naturelles des enfants vis-à-vis de leurs parents :

Soit ils répètent le même comportement

Soit ils vont aux antipodes du comportement des parents

 

Le comportement de l’enfant est directement déterminé par celui des parents. Plaqué à l’identique ou a contrario. Mais les choix ou décisions de l’enfant puis de l’adolescent dans la construction de sa personnalité ne se feront jamais en suivant sa propre ligne de conduite.

Pour casser la répétition des comportements « parents-enfants » je vous recommande la lecture de l’article suivant : Comment nos ancêtres nous font aussi du bien ? 🙂

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Dans une certaine mesure, la répétition des comportements est normale. Elle est même saine. Quand elle découle d’une éducation, d’une transmission de valeurs, d’un cadre de référence posé pour, encore une fois, se construire durablement et convenablement. Alors la répétition des comportements n’est pas à fuir.

D’abord être lucide qu’il s’agit d’une répétition.

Ensuite se demander si ce « comportement » correspond à notre moi intérieur.

Enfin, décider de conserver ou pas ce « comportement ».

Le plus facile est évidemment de le conserver. Si on décide de le rejeter au moins en partie, alors s’en suit un véritablement travail sur soi. Difficile mais nécessaire.

 

Cette pensée que je viens de vous décrire découle de la théorie behaviouriste (traduction direct de « comportement » en anglais) :

Selon l’Américain J. Watson :

les différences entre les individus s’expliquent par les conditionnements provenant du milieu dans lequel chacun évolue. Les conditionnements façonnent les comportements, qui vont donc constituer la personnalité. La pensée, le langage, les émotions relèvent de conditionnements bien spécifiques, mais peuvent être modifiés par de nouveaux.

 

 

Conclusion

Les répétitions sont-elles toujours symptomatiques de quelque chose ? Doit-on systématiquement chercher ce qui se cache derrière une répétition ?

Pas nécessairement dans la mesure où une répétition peut être le fruit du hasard (à moins que « il n’y ait pas de hasard »)

Ou même, une répétition ne signifie pas forcément que derrière le problème apparaîtra ? Une répétition, lorsqu’elle est pleinement connue et assumée, peut simplement vouloir dire que la personne s’appuie sur un ensemble de références ; sur une globalité de règles avec lesquelles la personne se sent bien, se construit et sans lesquelles finalement elle ne sera pas « elle », elle ne serait pas ce qu’elle est vraiment.

 

 

 

 

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