Les Répétitions : 4 experts pour tout comprendre

Premier jour de cette table-ronde. Les 4 experts s’attablent face au public silencieux derrière une nappe blanche. Ils sont surélevés par une estrade en bois laqué.

La Psychogénéalogie est un domaine qu’ils connaissent évidemment très bien.

Mais chacun a sa spécialité.

Stanislas, l’animateur, prend la parole pour les présenter un à un.

Une présentation est toujours nécessaire car chacun habite son discours et donne une teinte toute personnelle à ce qu’il raconte. Savoir qui ils sont permet de prendre le recul nécessaire.

J’ai donc l’honneur de vous présenter :

 

Nathaly FRANCOIS

Certifiée coach en Programmation Neuro Linguistique.
Formation en psychogénéalogie et au décodage biologique des maladies.
Je suis installée dans la région des Alpes-Maritimes (06) où j’exerce
depuis 10 ans la psychogénéalogie et anime des ateliers.

 

Aurélie TORRENT

C’est en soin palliatif que j’ai commencé à accompagner l’autre.
J’ai travaillé dans des structures de la petite enfance.
De là, l’envie m’est venue de me former dans l’accompagnement individuel de la personne.

–> formation à l’écoute centrée à la personne-Carl ROGERS
–> formation à l’IPE / Boris Cyrulnik attachements cognition education
–> formation psychogénéalogie -analyse transgénérationnelle CFTTA
–> diverses formations courtes à l’institut michel montaigne sur le thème de la parentalité positive/ neuroscience
–> En cours : formation sur la théorie de l’attachement / formation en psychanalyse freudienne

 

Marine LECLERCQ-BERNARD

24 ans, généalogiste médicale et familiale. J’exerce sur DIJON, pour la région Bourgogne-Franche Comté. Diplômée de la Faculté de DIJON, je me suis spécialisée dans les archives médicales et hospitalières ayant trait à la généalogie.

 

Patricia LORÉ

Analyste transgénérationnelle, psychogénéalogiste depuis plus de 10 ans ; Formée au décodage biologique de la maladie,

IMO (intégration par les mouvements oculaires), EFT (technique de libération émotionnelle), Praticienne Access Bars

et Animatrice au Centre de Formation aux Techniques Transgenrationnelles (CFTTA)

 


Avant que nous les entendions, j’aimerais introduire cette table-ronde. Car j’aime poser le contexte d’un sujet. Et celui des schémas répétitifs est particulièrement intrigant pour de nombreuses personnes. Mais pas de la même manière pour toutes.

 

En effet, des répétitions confondantes de dates ou d’événements malheureux ont trop tendance à être considérées comme le fruit du hasard. 

Alors, certes il est fort possible que parmi les schémas répétitifs qui sont perçus dans le Monde, il existe des coïncidences. C’est certain.

Il est également indéniable qu’avec 365 jours dans l’année, le syndrome anniversaire se sert d’un trop petit nombre de dates pour ne pas échapper aux lois de la coïncidence probable.

Oui, c’est vrai.

Oui, attention aux « fake news », d’accord.

D’aucuns disent encore que les analyses conclus par la voie du syndrome anniversaire ou des schémas répétitifs ne sont que pure intuition. Et que nous sommes là bien loin des certitudes scientifiques.

 

1. La Psychogénéalogie est intuitive, tout comme la Science

N’oublions pas -et je parle particulièrement aux esprits qui se disent cartésiens- que la science progresse grâce à une méthode déductive sur une base intuitive.

Déductive, on comprend aisément.

Mais pourquoi intuitive ? 

« Il n’y a pas d’autres voies qui s’offrent aux hommes, pour arriver à une connaissance certaine de la vérité, que l’intuition évidente et la déduction nécessaire »

René Descartes, Règles pour la direction de l’espritXIIe règle

Descartes lui-même parle de l’intuition comme une des deux conditions nécessaires pour connaître quelque vérité que ce soit.

L’intuition dont parle Descartes, c’est avant tout le « cogito ergo sum » (je pense donc je suis). C’est son postulat de base qui vient de l’intuition et non de la déduction.

L’intuition dont il parle, c’est aussi tout ce qui est vrai de manière évidente et immédiate, à l’instar du « cogito » c’est-à-dire sans qu’on puisse ni démontrer que la proposition soit vraie ni démontrer qu’elle soit fausse.

Par ailleurs, la déduction est également ce qui est vrai mais de manière médiate, indirecte et évidente seulement après une succession d’idées guidées par la Raison (Spinoza).

Toute idée scientifique part donc d’une intuition.

 


 

2. la Psychogénéalogie est empirique : elle se base sur des faits 

De plus la science admet qu’un précepte est bon si tous les événements passés concordent vers ce précepte et ce, jusqu’à qu’un événement contredise ce précepte scientifique. Jusqu’à preuve du contraire en fait.

Aussi, la science est déductive dans la recherche de ses lois. Elle est aussi intuitive car aucun de ces préceptes n’est réputé comme étant vrai éternellement. Autrement dit, les préceptes scientifiques sont déduits à partir d’une intuition qui pourra un jour se révéler fausse et qui ainsi mettra à mal toutes les déductions faites à partir de cette intuition.

Oui, la science se base en premier lieu sur ce que voit, ressent et constate l’homme.

La science est empirique (Kant), c’est-à-dire que la connaissance ne peut se baser que sur des faits concrets et sur des expériences de vie que nous avons rencontrés. Ainsi, les rêves, aussi invraisemblables qu’ils soient, se basent toujours sur les éléments éparses de nos expériences.

Constatons donc nous-mêmes s’il y a du vrai dans les schémas répétitifs en observant trois exemples, trois cas concrets de schémas répétitifs, trois expériences de vie intéressants à étudier.

Afin de -pourquoi pas- déduire une loi scientifique à partir d’une intuition…

 

3. L’histoire de Nathaly

 

Nathaly FRANCOIS prend la parole la première avec cette histoire bouleversante d’une répétition de drames autour de la naissance. Je vous livre le texte brut :

 » Tout commence avec l’histoire de l’AGP (arrière-grand-père) Louis qui se marie avec sa 1ère femme (Marie N°1) mais celle-ci décède à 22 ans en donnant naissance à une petite fille. (Premier problème à la naissance).

L’AGP Louis va épouser la sœur (Marguerite) de cette 1ère femme pour qu’elle puisse élever la petite fille qui venait de naître, comme cela se faisait beaucoup à l’époque. Louis aura 2 enfants avec cette 2ème femme, des jumelles nées un 23 Août.

L’une des jumelles (Pauline) sera handicapée toute sa vie à cause d’un accouchement qui se passe mal (2ème problème à la naissance), et l’autre jumelle portera le prénom de la 1ère femme de Louis, le 1er amour de l’AGP. La deuxième jumelle sera donc Marie N°2.

Marie N°2 aura 6 garçons et 1 fille mais la petite fille (Lilie) décèdera à l’âge de 11 mois des suites d’une maladie.

11+11 = 22, âge du décès en couche de Marie.

L’ainé des garçons se marie et aura 2 filles. L’aînée se prénommera Nathalie Lilie (Lilie étant son 2ème prénom). La cadette se prénommera, elle, Julie.

Nathalie est un prénom en lien avec la na-ta-li-té et peut donc être un signe (inconscient?) qu’il existe certainement des problèmes récurrents dans la lignée ascendante comme la stérilité, la gestation, les accouchements difficiles, les morts prématurés, etc…

Julie aura 2 enfants mais Nathalie n’en fera pas et se fera avorter la seule fois où elle tombera enceinte le jour de la date anniversaire de sa GM (grand-mère) Marie N°2 et de sa sœur jumelle Pauline, le 23 Août.

Dans le travail en Psychogénéalogie que Nathalie entreprendra plus tard, elle découvrira et comprendra qu’elle est en lien par sa date de naissance avec la date de décès de  la 1ère femme de son AGP Marie N°1. Dans l’inconscient familial on lui donne ce prénom qui est en lien avec cette histoire de cette femme décédée en couche, et elle sera ainsi reliée à cette aïeule par sa date de naissance, et sera donc ce que l’on appelle une gisante !

Le travail en Psychogénéalogie a permis à Nathalie de comprendre pourquoi elle n’avait jamais eu d’enfants et pourquoi elle avait toujours eu peur de l’accouchement qui se traduisait par une peur de mourir ou celle d’avoir un enfant handicapé.

Nathalie ne connaissait pas toute cette histoire avant de travailler sur son histoire familiale.

Cette peur inconsciente ne lui appartenait pas mais elle a dicté toute sa vie de femme à son insu et l’a empêché d’avoir des enfants.

Plus tard elle se rappellera avoir noté sur un papier un prénom qu’elle aurait aimé donner si elle avait eu une fille. Ce prénom était celui de Marie !

Elle se rappellera aussi qu’elle aurait rêvé avoir des jumelles ce qui renforce ce lien  inconscient avec sa GM Marie N°2.

Sa date d’avortement Nathalie l’avait occulté (trop douloureux) mais en recherchant dans ses agendas où elle notait tout elle l’a retrouvé et a donc pris conscience qu’elle avait avorté le 23 Août pour rester en fidélité avec cette GM Marie N°2.

Nathalie est donc restée fidèle à l’histoire familiale d’un deuil non fait et non accepté par le clan familial. Et pour ne pas que le drame autour de la naissance se répète Nathalie décide inconsciemment de ne pas faire d’enfant et d’arrêter ainsi ce schéma répétitif. Ce qu’elle a enregistré dans ses cellules et dans son inconscient, c’est que faire des enfants représente un danger, puisqu’il y a la mort au bout !

Ne parle-t-on pas d’un sujet aussi bien que quand celui-ci est notre histoire personnelle ?

Ceci est donc mon histoire, peut-être l’aviez-vous compris, et j’ai pu la découvrir en faisant un travail en Psychogénéalogie sur moi il y a quelques années.  »

 

Stanislas : « Merci Nathaly pour votre intervention. Très touchant, je suis heureux d’entendre cette histoire pour débuter ce tour de table

Merci encore.

Maintenant, je vous propose d’entendre Marine LECLERCQ-BERNARD sur les répétitions découvertes au travers de la Généalogie médicale.

 

4. les répétitions médicales : une part de Psychogénéalogie ?

 

Marine LECLERCQ-BERNARD va donc nous faire part d’un exemple de répétition liée à l’hérédité. Le cas relève donc plus de la généalogie médicale que de la Psychogénéalogie. Cependant, et c’est pour cette raison que j’ai contacté Marine, je pense que les nouvelles découvertes sur l’épigénétique nous montre que 70% de nos gènes sont impactés par le contexte de l’individu. Et le contexte c’est aussi bien son environnement que sa psychologie.

Alors, oui, l’hérédité a une part dans la répétition que vous allez lire mais si l’Homme moderne arrive à déclencher des maladies à cause du stress, qui dit qu’il n’arrive pas à en déclencher à cause de sa psychologie ? A cause de sa crainte maladive de voir qu’il approche de l’âge fatidique auquel son père est mort ou son grand-père est devenu dément.

Je vous souhaite à tous une excellente lecture !

 » Au cours d’un dossier pour l’année 2017, j’ai été sollicitée par une famille atteinte de la maladie d’HUNTINGTON. Maladie dégénérative et héréditaire, elle peut conduire à la perte de l’équilibre, à des difficulté d’alimentation, des troubles de la mémoire pouvant mener à la démence.

 

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Mais la fin de la journée sonna. Les experts, qui auraient pu parler de leur sujet toute la soirée, se retirèrent dépités. Le public aussi. Mais les meilleures choses ont une fin. Et, après tout, la table-ronde n’est pas terminée. Elle continue demain les amis. Ne ratez rien !

 

Si vous avez des questions par rapport à ce que vous avez lu, n’hésitez pas à les poser en commentaire pour que nous puissions, les experts et moi, y répondre.

 

Pour continuer la lecture sur ce sujet en attendant la suite de cette table-ronde, je vous propose les 3 articles suivants :

Sommes-nous tous conditionnés pour répéter le même schéma ?

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Vous êtes peut-être dans une figure de répétition sans le savoir

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Quand les schémas familiaux se répètent

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