Les grands-parents font-ils partie de la famille ?

 On ne peut plus être grand-parent comme on l’était il y a 50 ans. Nous sommes d’accord. En outre, la grand-parentalité a évolué par la force des choses.

D’abord, pourquoi a-t-elle évolué ? A cause de quoi?

Et ensuite, comment ? Vers plus d’inclusion dans la famille ? Ou au contraire, vers plus d’exclusion ?

 

Faisons un constat et expliquons brièvement les raisons pour lesquelles la « grand-parentalité » a évolué :

Les familles se métamorphosent : familles monoparentales, familles recomposées, etc.

Les relations dans les familles ont changé : enfant-roi, éducation moins traditionnelle, baisse du nombre d’enfants par famille, etc.

La société a évolué : urbanisation grandissante, technologie omniprésente, complexification des professions du tertiaire, etc.

L’espérance de vie est beaucoup plus grande aujourd’hui qu’auparavant

 

Ensuite le comment ?

On peut dire d’après les nombreuses études sorties sur le sujet que 2 grosses catégories de grands-parents émergent.

 

Soit ils sont encore aptes à faire du sport et des activités comme sortir leurs petits-enfants.

 

grands-parents heureux

 

 

Soit les grands-parents sont dépendants financièrement, physiquement et moralement.

 

 

1. Quand ils sont aptes à faire des activités avec leurs petits-enfants

 

Ces grands-parents sont pris entre :

  • les nouvelles normes sociales de ce que la société attende des grands-parents

Par exemple : modèle d’exemplarité dans les valeurs

 

  • les attentes de la famille

Par exemple : de l’aide par un soutien moral, financier ou autre comme garder les enfants

 

  • ce qu’eux-mêmes voudraient réaliser avec leurs petits-enfants

Par exemple : des moments d’échanges, partager leur souvenir, donner des conseils, faire des activités qui leur plaisent avec leurs petits-enfants, etc.

 

grand-mère et sa petite-fille

 

 

Ce dernier aspect est malheureusement souvent mis de côté.

Et pourquoi?  

Parce que ces grands-parents que nous appellerons actifs sont malgré les apparences dépendants de la relation grands-parents / petits-enfants. Ce sont souvent eux qui veulent entretenir la relation. Plus que les petits-enfants qui montrent qu’ils pourraient très bien s’en passer.

Alors ces grands-parents sont prêts à tout accepter jusqu’à renoncer à leurs propres envies de grands-parents.

En effet, ne voulant être coupées ni de la société ni de leur famille et surtout pas de leurs petits-enfants, ils acceptent souvent d’adapter leur volonté à ce que désire la famille. On sait bien que même si théoriquement les grands-parents peuvent refuser la relation avec leurs petits-enfants, ils ne le feront pas. Au contraire, des adolescents peuvent très bien refuser de faire l’effort de voir leurs grands-parents.

 

petite fille qui ne veut pas

 

 

 Les grands-parents actifs sont en général dans une position où ils savent ce qu’ils ne doivent pas faire. Toutefois, ils ont sacrément du mal à savoir ce qu’ils ont le droit de faire réellement.

Par exemple ils savent qu’ils ne doivent pas s’immiscer dans l’éducation des petits-enfants et que l’éducation fait partie du rôle des parents.

Très souvent, ils savent aussi qu’ils ne doivent pas trop marquer leur amour, ne pas trop s’imposer dans la vie de leurs petits-enfants ou dans la vie de la famille nucléaire.

Mais en même temps ils ne doivent pas être trop peu présents, ils ne doivent pas trop peu soutenir.

Ils savent donc qu’ils ne doivent pas être dans le trop ni dans le trop peu, ce qui donne un rôle d’équilibriste pour les grands-parents assez difficile à jouer.

C’est pourquoi aussi, souvent (mais pas tout le temps !), les grands-parents décident de mettre de côté leur volonté à eux.

Une position bien compliquée…

 

2. Les grands-parents dépendants

 La catégorie des personnes âgées qui sont dépendantes (surtout physiquement) sont les personnes qui sont en maison de retraite par exemple. Par conséquent, elles ont besoin sinon d’être aidées financièrement pour payer ces maisons de retraite (de plus en plus chères), elles ont au moins besoin de visites régulières de leur famille.

 

grands-parents soutien

 

Car ces personnes-là ne sont pas dans la même grand-parentalité. Ils ne peuvent pas faire d’activités à l’extérieur avec leurs petits-enfants.

Par conséquent, ce sont plus les parents et les petits-enfants qui doivent entretenir la relation. Ce sont eux qui doivent venir visiter les grands-parents dans les maisons de retraite. Car souvent cette relation qui brille dans la grand-parentalité active s’éteint dans la grand-parentalité dépendante.

Les relations entre petits-enfants et grands-parents sont très peu régulières dans de nombreux cas. Ce constat est assez déplorable dans la mesure où ces personnes qui sont dans un état de santé -qui se dégrade pour la plupart- ont besoin justement de relations sociales. Et pas seulement de relations sociales avec des personnes de la même génération. Ils ont besoin comme tout être humain de relations qui ouvrent au monde et qui entretienne la réflexion et surtout la mémoire.

Lors des discussions entre grands-parents et petits-enfants, les personnes âgées doivent se rappeler la mémoire familiale par exemple.

Oui, n’oublions pas qu’ils ont besoin d’être stimulés intellectuellement.

N’oublions pas non plus qu’ils ont également besoin de l’amour de leur famille. Ce n’est pas important, ce n’est pas capital, c’est vital.

Combien de personnes âgées meurent quelques jours après la perte du conjoint ou du dernier membre de la famille ? En généalogie, on repère de nombreux cas comme celui-ci et ce ne sont pas des cas isolés, loin de là.

 

 Comme le précise bien Michèle Myslinski, les personnes âgées qui sont en maison de retraite ont été arrachées, déracinées de leur domicile qui était pour eux le seul repère.

« Chez soi, tout est signe, meubles et tableaux, tapis, casseroles, et jusqu’à l’air que l’on respire, odeurs de cuisine et traces des parfums qui furent la vie même »

La famille reste donc le seul support connu pour maintenir son identité dans un milieu aseptisé, sans identité justement.

Michèle Myslinski encore insiste sur le fait que « la famille est vecteur de sens dans les moments tardifs de la vie humaine ».

Les petits-enfants sont comme des images de soi. Ils marquent la continuité de l’œuvre de toute une vie ou au moins de ce que la personne âgée a voulu transmettre comme valeurs, pensées, etc.

Face à la fin de vie, la question du sens et du « est-ce que j’ai bien vécu ? » se pose plus que jamais et la famille semble être dans de nombreux cas la réponse à cette question. Alors, quand elle n’est pas présente, le chagrin mais surtout la détresse est omniprésente.

 

Qu’ils soient grands-parents actifs ou dépendants, nos aînés sont pleinement tournés vers leur famille. Ils chérissent beaucoup d’espoir envers leurs enfants et leurs petits-enfants mais ne l’expriment jamais de peur de perdre le peu qu’on leur donne.

Aujourd’hui plus que jamais, pensons à nos aînés.

Si vous avez encore la chance d’avoir un parent ou un de vos grands-parents, passez un peu de temps avec eux, ce ne sera jamais du temps perdu pour eux.

Pensez-y d’autant plus que très bientôt, le 1er octobre, ce sera la journée internationale des aînés.

 

St pour ceux qui aiment les chiffres parce que c’est plus concret : http://observatoire-des-seniors.com/en-france-on-devient-grand-parent-de-plus-en-plus-tard/

 

Et vous, que pensez-vous de la place des aînés dans notre société ?

1 Commentaire

  1. Sébastien | Marques Ordinaires Répondre

    Un bel article qui démontre ô combien il est important de garder un lien fort avec ses ainés. Je pense également que ce lien filiatif et/ou affectif maintient un cohésion familiale et pour chaque individu. Pour le grand-parent, perdre le lien avec ses enfants et petits-enfants est terrible.
    Profitons des instants précieux, tant qu’ils sont encore là…

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