La DERNIERE lettre de Louis FLAMBEAU à ses neveux


Qui est Louis FLAMBEAU ?

 

Si vous avez lu les précédents articles sur la famille LEBLOND / ZAMARON / FLAMBEAU / BAZIN, vous comprendrez qui est Louis FLAMBEAU à l’aide du schéma ci-dessous. Mais il n’est peut-être pas inutile de prendre connaissance ou de relire l’article suivante :

Les cousins GEORGE. Par Marie-Joséphine FLAMBEAU. 

 

Pour ceux qui n’ont lu aucun article sur cette famille, il peut être utile mais pas indispensable de lire les articles suivants :

Mon nom est Anna LEBLOND
Mon nom est Joseph BAZIN. Charon.

 

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Arbre généalogique des cousins GEORGE/FLAMBEAU couplé avec l'extrait de celui des descendants de Marie-Joséphine FLAMBEAU

 

 

Vous pouvez cliquer sur la fiche suivante pour avoir accès à l’ensemble de l’arbre généalogique :

Louis FLAMBEAU
N° Sosa :
Voir l arbre
Père :
Mère :

 


 

Louis FLAMBEAU répond à son neveu, René BAZIN, à la femme de ce dernier, Madeleine MOQUET ainsi qu’aux six enfants de ce couple. Cette réponse fait suite à la réception d’une photo prise l’année d’avant, en 1949, à l’occasion des voeux de la nouvelle année 1950. Sur cette photo que je n’ai malheureusement pas en ma possession, il semblerait qu’on puisse y voir Annick (13 ans), Michèle (12 ans), Françoise (11 ans), Jean-Yves (8 ans), Brigitte (6 ans) et Bernard (4 ans).

Il écrit cette lettre depuis l’Orphelinat de la Roche Arnaud dont voici une photographie de l’époque :

 

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Carte postale ancienne de l'Orphelinat de Roche Arnaud (Le Puy-en-Velay). Source ici. Détruit à la fin des années 1970.

 

En effet, il s’occupe d’un Orphelinat de garçons au Puy-en-Velay en tant que jésuite. Cette lettre est la dernière qu’on lui connaisse. Quelques trois mois plus tard, Louis FLAMBEAU nous quitta en emportant avec lui tous les détails des souvenirs qu’il aborde ici.

Mais passons, désormais, à la fameuse lettre.

 

 


Le Puy, 15 janvier 1950

 

Cher René, chère Madeleine, chers Enfants,

 

Vous avez à domicile, sans peut-être vous en douter, l’arbre généalogique le plus charmant que vous puissiez désirer. Car, dès mon premier coup d’oeil sur la photographie que vous m’avez envoyée j’ai reconnu avec ravissement un petit René Bazin, un Louis Flambeau, un Zamaron et une petite Moquet de premier choix!

 

J’approuve donc avec enthousiasme les recherches familiales que René veut entreprendre, et je l’aiderai de tout mon pouvoir.

 

Je voulais faire un travail de ce genre quand, à 17 ans, je me suis aperçu que mon grand oncle, le curé Napoléon Zamaron, était tout chargé de souvenirs familiaux et de richesses qui pouvaient disparaître avec lui. Mais je suis entré dans la Compagnie [de Jésus] quelques mois plus tard, et mes vacances ont toujours été trop courtes pour me permettre des recherches sérieuses.

 

Je le regrette car, depuis cette époque, bien des documents et bien des objets inappréciables ont disparu! On a enterré (sic!) les papiers du curé Zamaron, sans même en faire le triage, parce que ma grand-mère a eu peur des fuites qui auraient irriter certains de ses amis. On a dispersé les armes d’honneur, les décorations, les portraits, les papiers et les souvenirs du Capitaine. Mais Gustave George a conservé, comme moi, sa bonne mémoire. Et si René se hâte de nous employer, avant que la vieillesse nous ait achevés, il pourra encore recueillir des documents intéressants et, parfois, très glorieux. Il saura comment mon arrière-grand-père, le Capitaine Zamaron a sauvé, au péril de sa tête, les prêtres qu’il avait mission d’arrêter ; comment ma grand-tante, Marie-Anne Flambeau a fondé à Mirecourt un orphelinat de fillettes qui a duré cent ans ; comment sa soeur a sauvé la Vierge d’Espérance, que les révolutionnaires allaient briser, et qui est depuis le Concordat dans une niche qui domine la grand’Rue, avec l’inscription « Patrona Civitatis ».

 

 

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Crédit : http://www.petit-patrimoine.com/

 

 

Il y aura même un spécimen des « violons flamboyants » de mon grand-père ; car Carmen est sortie de l’atelier familial, et elle a toutes les caractéristiques de la maison, y compris son beau vernis qu’on obtenait grâce au Viburnum Lantana (la mancienne) qui pullule dans les jardins et les bois de Mirecourt.

 

 

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De la mancienne (source Wikipedia ici)

 

 

Si, au moment de votre voyage en Velay, mes orphelins ne sont pas en colonie de vacances, vous constaterez qu’ils sont encore plus aimables que ceux de Plongerot, parce qu’ils sont tous méridionaux, espagnols ou italiens, sans famille ou abandonnés par les leurs, ces pauvres petits ont besoin d’affection ; et ils savent manifester leurs sentiments de la façon la plus touchante.

 

Ma santé semble s’améliorer malgré mon âge, grâce au bon soleil du Velay et à la salubrité de son climat. L’hiver est doux. Et si la ville est noyée dans le brouillard pendant des matinées entières, la vierge et la Roche Arnaud dominent cet amas de brumes et jouissent ordinairement d’un ciel très pur.

 

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La Vierge du Puy-en-Velay. Crédit photo : Papou Poustache

 

 

Mes souvenirs familiaux sont beaucoup trop nombreux pour que je puisse vous les communiquer ou seulement les aborder par lettre. Je vous les livrerai fidèlement à votre prochain voyage. Les fillettes les sténographieront ; nous les complèterons peu à peu ; et bientôt ceux qui grandissent auront sous les yeux des exemples capables de les rendre invincibles ! J’ai déploré pendant quelques années la destruction de la note que l’abbé Zamaron avait consacrée aux Campagnes de son Père. Mais j’en ai retrouvé tous les détails, les moindres détails dans les mémoires du Général Marbot qui commandait les Hussards de Vercheny [Ndlr : Bercheny]. Ces mémoires ont été imprimés et vendus vers 1889 [Ndlr : 1891], et j’espère que vous pourrez encore vous les procurer [critique, résumé et extrait ici]. Vous pourrez les lire comme un récit exact des faits et gestes de notre grand-père ; car le Capitaine et le Général semblent avoir vécu, combattu et triomphé ensemble pendant des années entières. Je connaissais toutes les anecdotes de Marbot avant la publication de son livre : Et il en est sur lesquelles je pourrais encore donner des détails attrayants et inédits. Je vous promets donc beaucoup de plaisir quand vous viendrez dans le Velay.

 

En attendant, je vous promets de prier tous les jours pour vous au moment de la Messe ; et je vous embrasse de tout mon coeur.

 

Votre oncle très affectionné Louis Flambeau.

 

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