Vous êtes peut-être dans une figure de répétition sans le savoir

 

Les figures de répétitions correspondent aux différentes manières que l’inconscient utilise pour « se venger ».

Il ne s’agit ni des causes directes ni d’une explication des symptômes.

Il n’en demeure pas moins qu’identifier la figure de répétition en jeu dans une répétition familiale permet d’en comprendre la mécanique.

A la fin de cet article, vous sont proposés deux solutions qui, en plus, aide à enrayer cette mécanique.

figures répétitions familiales personne désespérée

 

 

1. La névrose de destinée

La névrose de destinée consiste à provoquer la répétition de scénarios identiques.

Par exemple, un homme se fera quitter par une première femme et ne pensera pas à une cause émanant directement de lui. Cependant, si cette situation se répète dix fois, le psychanalyste y verra la marque d’un effort de cet homme pour répéter sans cesse le même destin.

un effort bien réel pour une volonté inconsciente.

En psychogénéalogie, la névrose de destinée est souvent liée au conditionnement familial.

Voir mon article sur le sujet : Répétition familiale et Conditionnement

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« Évidemment on est tenté de l’attribuer à la « malchance » ou au destin, ou encore à l’enregistrer comme une expérience superstitieuse, sans pouvoir percevoir ni comprendre le degré de sa propre participation active – si inconsciente soit-elle – dans l’enchaînement des événements de la situation »

Léon Grinberg

 

Un autre exemple peut être celui de la loyauté familiale. C’est quand l’enfant, une fois devenu adulte, se sabote inconsciemment pour ne pas trop évoluer  sur l’échelle sociale (alors qu’il le pourrait). Ceci s’explique par la volonté de l’enfant de ne pas trahir ses parents en changeant de milieu.

 

 

2. Les traumatismes

Les répétitions peuvent provenir d’un traumatisme dont il reste à faire le « deuil ». C’est-à-dire un traumatisme qui a laissé devant lui des problèmes à résoudre.

figures répétitions familiales deuil

 

Ce peut être un traumatisme personnel (un deuil, une difficulté dans la vie, etc.) qui , lorsqu’il n’est pas résolu, va aboutir sur une répétition rassurante. Autrement dit, sur des actes, des attitudes ou des « modes » que la personne connaîtra très bien puisque vus ou vécus. La solution trouvée finit par être la répétition, qui reste inconsciemment le moyen de limiter au maximum les risques de revivre un traumatisme.

Ce peut être également un traumatisme familial. Un fils à qui le père aura transmis les émotions liées à un traumatisme. Ce fils sera dans un mal-être incompréhensible pour lui car il ressentira des émotions qui ne sont pas véritablement siennes. Cependant, sans pouvoir (ou sans vouloir) conclure que le mal-être vient de ces émotions-ci, il associera ces émotions au père qui apparemment s’en est sorti en usant de tel schéma. Tel schéma qui sera donc répété.

 

3. Ce qui a été refoulé

Le refoulement a pour cause l’échec de la symbolisation

C’est donc par exemple quand nous n’avons pas réussi à interpréter le traumatisme pour l’accepter. A ce moment-là, le traumatisme est refoulé car il n’y a pas eu « symbolisation » du traumatisme.

En effet, la symbolisation requiert la création d’une signification. Autrement dit, la symbolisation requiert la production de signes verbaux (par la linguistique : l’écriture ou simplement poser les mots justes sur ce qui ne va pas) et dans certains cas plus rares, non verbaux, susceptibles d’organiser l’expérience de la vie.

 

figures répétitions familiales symbolisation langage de signes

 

La symbolisation va donc faire passer la représentation de chose de l’inconscient (refoulement) à la conscience.

 

 

4. La compulsion de répétition

 

La Compulsion de répétition est un concept spécifique à la psychanalyse.

Après la Première Guerre mondiale, Freud découvre le concept de traumatisme (sous une forme qui correspond avec le retour des Poilus à ce qu’on appelle aujourd’hui le stress post-traumatique). Néanmoins, il élaborera la conception de la compulsion de répétition, en 1920 à partir de l’observation d’un enfant. En l’occurrence son petit-fils Ernst pour la petite histoire.

figures répétitions familiales poilus

 

La compulsion de répétition fait suite à un épisode déplaisant en vue de prendre un rôle actif, voire de se venger de cet épisode douloureux.

La compulsion décrit alors l’obsession à répéter qui fait suite à un échec de la remémoration. Ou plutôt à une difficulté à affronter cette remémoration qui survient régulièrement et de manière incontrôlée.

 

Il s’agit de décrire la répétition qui affecte le sujet d’un traumatisme

 

Car un souvenir ne peut être réinvesti en réalité. Et du coup, l’insatisfaction surgit brutalement quand le sujet désire le réinvestir pour l’affronter. Le souvenir est alors refoulé car le « deuil traumatique » n’a pas été résolu par une satisfaction impossible du réinvestissement du souvenir.

L’individu s’exprimera alors à travers des actes qu’il répétera de manière névrotique.
Par ailleurs, plus la résistance sera grande (plus le traumatisme sera grand en somme) et plus la mise en actes se substituera au souvenir (plus l’acte répété se répètera).

 

Léon Grinberg illustre la compulsion de répétition en écrivant :

« Nul doute que l’individu fait beaucoup inconsciemment, pour se forger son propre destin. Freud se référa, en ce sens, à un mécanisme important, qui est celui de la compulsion à la répétition. »

 

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Léon Grinberg souligne ici que la compulsion de répétition est liée directement et exclusivement à l’inconscient. Qu’il s’agira lors d’une thérapie à mieux connaître pour casser ce besoin de répétition d’un acte répété symbole d’un traumatisme.

Il explique ensuite en quoi l’acte répété est le symbole :

« On tend à reproduire, dans différents scénarios et à plusieurs occasions, le même type de conflit qui correspond aux moules primitifs des premiers conflits infantiles. Il en va ainsi par exemple de ceux qui se plaignent que l’amitié s’achève toujours avec la trahison de l’ami, ou les mécènes qui souffrent toujours de l’ingratitude de leurs protégés, ou les amants dont les rapports se terminent toujours de la même façon »

 

Il poursuit en établissant les 2 principales causes de la compulsion de répétition : l’angoisse et la culpabilité. Deux émotions de la catégorie de la peur. Encore une fois, les émotions (et particulièrement la peur) sont extrêmement puissantes et va jusqu’à causer des dysfonctionnements de la mémoire (fantasmes) et de l’action (acte-symbole répété). Vous pouvez vous référer à l’article suivant qui approfondi plus sur l’importance des émotions :

 

 La Puissance des Emotions – Transmissions et pathologies de la mémoire familiale

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« Parmi les facteurs qui sont à l’origine de la compulsion de répétition, on trouve les situations d’angoisse qui proviennent de nos toute premières expériences (…) et de sentiments de culpabilité qui nous obligent à répéter encore et toujours une certaine conduite envers nous-mêmes et les autres pour nous défendre contre ces dangers fantasmés au début de la vie. »

Léon Grinberg

 

 

5. Transfert psychanalytique

 

Au travers de la cure psychanalytique, la perlaboration est surtout connue comme travail menant à l’éradication du symptôme. Ce travail consiste à répéter, au cours d’une analyse, les mêmes scènes encore et encore jusqu’à ce que le refoulement soit mis en échec et que s’élabore une connaissance consciente de l’histoire du symptôme, qui permette de le supprimer.

figures répétitions familiales transfert émotionnel psychothérapie

 

Une telle élaboration repose en partie sur la capacité d’association, la cure amenant le sujet à associer les éléments conscients afin de renforcer sa connaissance.

La cure se déroule donc en 2 étapes.

 

1e étape : Le transfert envers l’analyste répète une relation vécue dans l’enfance

2e étape : l’analyse du transfert

 

 

6. Psychodrame

Le psychodrame analytique est un jeu de rôles permettant d’inspecter les postures familiales, sociales, de chaque individu (participant + entourage).

Un psychanalyste meneur de jeu écoute le patient inventer une scène, souvent mettant en jeu des proches ou une situation récemment vécue.

« Celle-ci est souvent issue d’une pensée qui lui vient immédiatement à l’esprit et qui serait, selon lui, la plus appropriée pour comprendre ses difficultés, explique Patrick Delaroche. Ça peut être une terreur nocturne chez un enfant, un problème d’agressivité chez un adolescent, une difficulté conjugale ou professionnelle chez un adulte… Si le patient ne propose aucune scène, tant la “censure” empêche la communication, le meneur de jeu use de subterfuges : “Ça se passerait où ? Il y aurait qui ?” Et alors les idées affluent. »

Source : Le Psychodrame analytique in Psychologies.fr

figures répétitions familiales psychodrame analytique

 

 

Les schémas de répétitions traitent de la nature des répétitions (dates, maladies, prénoms ou métiers) https://bit.ly/2INvllr

🌷Les figures traitent du comment et du pourquoi : névroses de destinée, traumatismes, refoulements, compulsions de répétitions.

Afin de contrer ces figures, deux solutions principales sont proposées : le transfert psychanalytique et le psychodrame (individuel ou collectif).

Etre lucide sur sa situation, c’est déjà avoir les solutions. Manque ensuite seulement le courage pour ne pas se voiler la face et appliquer ces mêmes solutions.

 

 

3 commentaires

  1. Annemarie Brienne Répondre

    très intéressant, pas facile à savoir cependant…..
    dans mes récits, je vois bien les choses qui ne vont pas, mais trouver ce qui se répète en moi, ce n’est pas facile

  2. Toussaint Christine Répondre

    Bonjour, j’aimerais pouvoir effacer le choc que j’ai eu a 20 ans en découvrant par hasard la photo de mariage de mon père avec une autre femme que ma « mère », alors qu’en réalité sur la photo c’était bien ma mère lors du premier mariage de mon père. Ma mère est dcd quelques heures après ma naissance prématurée à 8 mois. Le dc de ma mère m’a été caché jusqu’à mes 24 ans. Je n’ai jamais pu pardonné à mes parents ce mensonge volontaire qui m’a privé définitivement de connaître mes grands parents maternels et par conséquent ma vraie mère et sa famille. Comment accepter cela??

    • Stanislas Auteur de l’articleRépondre

      Bonjour, il y a 2 choses que vous pouvez faire.
      D’abord accepter l’idée que vos parents ont sûrement caché ce fait, non pas pour vous nuire mais pour vous protéger, car ils ont confondu leurs sentiments avec les vôtres. Je m’explique : ils ont cru que l’annonce d’une telle nouvelle vous ferait autant de mal qu’elle a été dévastatrice pour votre père. Ce qui n’aurait pas été le cas, évidemment! Mais ils ne pouvaient pas s’imaginer que vous le dire vous aurez fait plus de bien que de mal. Au lieu de cela, ils ont créé une bombe à retardement. Ne leur en voulez pas, personne ne sait ce qu’il aurait décidé en pareilles circonstances. Donc, la première chose à faire, la première je dis bien, c’est de leur pardonner. Certes, vous n’avez pas connu la famille de votre mère biologique mais vous avez une famille. C’est cela l’essentiel !
      La 2e chose, c’est d’aller voir un psy spécialisé. Il sera de bon conseil, vous verrez. Toujours important d’en voir un quand on commence à sentir que nous n’allons pas bien psychiquement.

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