Tout comprendre sur les Répétitions. Jour 3

La troisième journée débute avec l’arrivée progressive du public. Nos quatre experts sont déjà présents et Patricia, très enthousiaste, entame les débats en nous mettant en avant le génosociogramme.

 

10. Le génosociogramme

Patricia :

 » Effectuer un travail en analyse transgénérationnelle ou en psychogénéalogie est une démarche de découverte, de rencontre avec son système familial. On va à la rencontre de soi à travers ce que nos ancêtres ont vécu, car nous en sommes le fruit.

L’outil essentiel et incontournable est bien le génosociogramme (arbre généalogique codifié comportant des infos sociologiques), car c’est celui qui va concentrer toutes les informations récoltées. C’est une des premières choses à construire.
Avoir cet aperçu sur plusieurs générations nous permet une lecture verticale et horizontale des transmissions. Il va nous permettre, ainsi d’avoir un aperçu sur plusieurs générations et de repérer au plus vite ces schémas répétitifs ( date de naissance, syndrome anniversaire… décès, métiers.. etc..).  »

 

11. Les constellations familiales

Patricia :

 » Mais si je devais utiliser une « solution express », ça serait sans hésitation d’effectuer une « constellation familiale ». Cette pratique  permet de mettre en situation, de zoomer sur une problématique ou un schéma répétitif, afin de réparer ce qui a été rompu, non résolu, non endeuillé, non exprimé, etc…. « 

Qu’est-ce qu’une constellation familiale ?

Vous pouvez vous référer à ces deux sites pour avoir une définition détaillée et précise de ce que sont les constellations familiales :

Méthode : les constellations familiales

La constellation familiale et systémique

 

Et un exemple de constellation avec Tintin 🙂 j’aime beaucoup :

Psychogénéalogie de Tintin

 

Mais pour ceux qui ne souhaitent pas s’écarter de la lecture de cet article, une constellation familiale est une méthode thérapeutique basée sur le jeu de rôle et le psychodrame.

C’est donc une thérapie collective, dans laquelle chaque membre du groupe va jouer le rôle d’un membre important de la famille de celui qui va vivre seul pendant un moment son psychodrame.

Par exemple, que ce soit une femme inconnue qui joue le rôle de sa mère permet de se détacher de toute l’aura et de tout le symbole que représente une « mère » pour s’attacher à l’influence de la personne en tant que telle. Les constellations familiales mettent à jour les loyautés invisibles par exemple. C’est vraiment à vivre pour comprendre !

C’est le constellateur-thérapeute qui va placer les représentants du système familial dans l’espace et qui va conduire le psychodrame afin de comprendre l’intrication des liens de cette constellation afin de les dénouer.

 


 

Petite pause bien méritée de la part de tous les participants. Nous allons bientôt passer à la dernière partie de cette table-ronde. Elle sera entièrement consacrée aux contre-vérités que chacun peut entendre ici et là, dans son entourage proche ou lointain, sur la Psychogénéalogie et plus précisément sur les Répétitions qui sont analysées par la Psychogénéalogie.

Tout le monde se lève pour profiter de cette pause. Un café, un thé, un petit biscuit pour reprendre des forces et continuer la journée sans entendre son ventre gargouiller de lassitude. Et puis, vite le temps passe et Stanislas élève sa voix pour inciter tout le monde à reprendre sa place et à écouter les arguments de nos experts. Ces arguments seront utiles même à ceux qui adhère pleinement à la Psychogénéalogie afin qu’ils les réutilisent à bon escient autour d’eux.

 

12. « il n’y a pas de hasard dans la vie » – Nathaly FRANCOIS

Comme nous l’avons précisé en introduction de cette table-ronde, beaucoup pensent qu’il s’agit de simples hasards. Ce n’est pas le cas pour au moins deux de nos experts, Nathaly et Patricia.

Je laisse la parole à Nathaly :

 » Il n’y a pas de hasard dans la vie, chaque personne, chaque situation, est là pour nous montrer quelque chose et nous faire comprendre. Quand on commence à s’intéresser à son histoire familiale on peut faire des liens. Des dates qui se répètent, des évènements qui ne sont pas le fruit du hasard mais un signe que quelque chose n’est pas réglé plus haut. Après, il y a les irréductibles terre à terre, je l’étais moi-même avant de mettre un pied dans la psychogénéalogie, et chacun est libre de penser ce qu’il veut. Mon rôle n’est pas de convaincre mais d’informer et proposer.

Enfin aujourd’hui ce n’est pas un hasard pour moi si je fais de la psychogénéalogie, les métiers que nous faisons viennent en réparation, alors aujourd’hui je « répare » mon histoire de famille et j’accompagne les personnes à « réparer » leur histoire.  »

Merci beaucoup Nathaly. Bonne intervention, j’aime beaucoup cet état d’esprit et ce rôle d’information que vous vous donnez plutôt que d’avocat d’une cause. Je crois beaucoup moi-même en l’exemple que nous devons donné qui est la meilleure preuve à donner de ce qui fonctionne. Des actes plutôt que des mots. Ou des mots seulement pour proposer et informer et non pas pour convaincre ou persuader. Les mots on leur rôle et les actes ont les leurs. Ne pas confondre et vous ne confondez pas.

Merci beaucoup Nathaly. Ah, je vois que Patricia veut prendre la parole

 

Patricia :  » Oui, je rejoins Nathaly sur le point qu’elle évoquait.

Les schémas répétitifs ne sont évidemment pas le fruit du hasard. En effet, nous savons qu’à travers l’inconscient familial, s’effectuent toutes sortes de transmissions. Que celles-ci se sont faites de manière non verbales, à travers des attitudes, des comportements, etc…comme le dit si bien Serge Tisseron.. « les secrets et les non-dits suintent ».
Les enfants vont ressentir : les malaises,  les maladies, les interdits, les drames, les traumatismes, les deuils non faits…. à travers tout ce qui ne se dit pas.  Ce qui est encore vivace, c’est à dire qui n’est pas réparé, « clôturé » dans une génération précédente va se transmettre. L’enfant, lui, va être porteur de cette mémoire malgré lui et c’est bien sur, inconsciemment, qu’il va reproduire certains schémas à l’identique.

Lorsqu’une femme F. perd son enfant un 15 décembre, apprend que sa propre mère a perdu un jeune frère un 15 décembre et par conséquent elle réalise qu’elle a vécu la même chose, a la même date que sa grand-mère. Et que quelques années plus tard il s’avère que cette femme F. est décédé un 14 décembre. (même si c’est a 2 ou 3 jours près..) cela ne peut être le fruit du hasard.  »

Super ! Merci à toutes les deux.

 

13. « Une maladie héréditaire ne saute pas les générations » – Marine LB

Stanislas se tourne ensuite vers Marine pour l’interroger. Effectivement, on pense souvent que l’apparition d’une maladie, parfois grave, est le fruit aussi du hasard ou en tout cas on ne pense pas souvent aux liens héréditaires. Pourquoi?

Marine toussote, avance sa voix près du micro et prend la parole.

 » C’est à cause des personnes de la famille qui sont « non-porteuses ». En effet, lorsqu’une maladie héréditaire s’installe au sein d’une filiation, trois cas de figure s’avèrent possible
lors de la transmission :
• Dans un premier cas, la maladie héréditaire se transmet, se manifestant par des symptômes plus ou moins identiques et variables selon les individus. Selon la pathologie, la capacité de transmission du parent porteur de la maladie à sa descendance est de 50 % à chaque naissance.
Lorsque celle-ci est transmise et active, le descendant devient lui même « porteur » de la
maladie.
• Dans un deuxième cas, la maladie héréditaire n’est pas transmise. La capacité de transmission s’élevant à 50 %, le descendant a été épargné et n’a pas reçu le gêne malade de son parent. Ce descendant est alors « non-porteur » de la maladie. Celui-ci ne développe aucun symptôme et ne peut transmettre la maladie héréditaire à sa propre descendance, puisque que le gêne ne lui a pas été transmis par son parent-porteur.
• Dans un dernier cas, la maladie se transmet à l’enfant sans que les symptômes n’apparaissent jamais, faisant de lui un « porteur-sain ». La maladie n’apparaissant jamais chez cet individu, mais ré-apparaissant chez un de ses ascendants, on dit souvent que la maladie a « sauté les générations ». Cette expression, erronée, implique que la maladie est ré-apparu chez les descendants sans avoir été transmise. Hors, la maladie héréditaire a bien été transmise, sans que les symptômes ne se manifeste au sein de certaines générations, laissant croire que ces individus ne sont ni porteurs, ni malades.

On peut donc de nouveau avoir affaire à un schéma répétitif, suite à une cassure au sein de celui-ci, lorsque la maladie héréditaire s’est trouvée dormante au sein de certaines générations.

 

Il est vrai qu’à vous entendre, lorsqu’un individu vit une maladie ou un souci d’ordre psychologique, on néglige trop souvent de remonter le fil de la transmission pour en trouver la source dans la famille. Trop souvent, on met ça sur le dos du hasard au lieu de s’attarder sur les causes qui ont menées à cet état de fait.

Et dans les deux cas, que ce soit en psychogénéalogie ou en généalogie médicale, retrouver la source du problème n’est pas pour trouver un coupable mais pour trancher enfin le noeud gordien.

 

 


Pour continuer la lecture sur ce sujet en attendant la suite de cette table-ronde, je vous propose les 3 articles suivants :

Sommes-nous tous conditionnés pour répéter le même schéma ?

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Vous êtes peut-être dans une figure de répétition sans le savoir

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Quand les schémas familiaux se répètent

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